Elle a toujours été là. Elle marche sur nos pas. Elle réside au cœur même de notre être et pourtant… son existence même nous échappe. Jusqu’au jour où elle se révèle à nous.

« Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent leur ombre. »
Carl Jung.

Cette rencontre, je l’ai vécu il y a quelques mois. C’est une période assez obscure que j’ai traversé à me confronter à mon Ombre. Autrement dit, une remise en question radicale de mes valeurs et de certains choix que j’ai pu faire dans ma vie. Mais je comprends mieux mes interrogations désormais que j’ai pris connaissance de la pensée de Carl Jung au sujet de « l’Ombre ».

Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung définit l’ombre de la manière suivante :

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. L’ombre est la personnification de tout ce que le sujet refuse de reconnaître et d’admettre en lui. Se mêlent en elle les tendances refoulées du fait de la conscience morale, des choix qu’il a faits pour sa vie ou d’accéder à des circonstances de son existence, et les forces vitales les plus précieuses qui n’ont pas pu ou pas eu l’occasion d’accéder à la conscience »

Bien entendu, l’image de l’Ombre et de la Lumière a quelque chose de manichéen. En conséquence on pourrait penser qu’elle ne vaut pas la peine d’être étudiée. Mais le fond ne devrait pas être jugé d’après la forme. Car le fond, j’en suis convaincu, à sa part de vérité. La forme n’est qu’une manière de s’approprier, sans difficulté, une expérience suffisamment complexe.

Et tout l’intérêt de l’article est là : Mieux comprendre ces périodes de questionnements impétueux. Ne pas se laisser ébranler, mais en faire une source de développement personnel. En ce sens, je pense que la pensée de Yung peut grandement nous aider.

Mon expérience de l’Ombre

« L’expérience archétypique est une expérience intense et bouleversante. Il nous est facile de parler aussi tranquillement des archétypes, mais se trouver réellement confronté à eux est une tout autre affaire. La différence est la même qu’entre le fait de parler d’un lion et celui de devoir l’affronter. Affronter un lion constitue une expérience intense et effrayante, qui peut marquer durablement la personnalité. »

Quand notre Ombre prend la parole, notre monde s’effondre.
Sa venue est imprévisible et inattendue.
Sa rencontre est une fatalité dont le fracas vient briser le cœur même de nos fondements.
Nos joies, nos bonheurs, nos sourires… ne paraissent être qu’illusions.
Ce que l’on pensait acquis ne l’est plus.
Ce que l’on croyait être nos forces présentent des faiblesses.
Nos certitudes sont incertaines.
Ces peurs que l’on croyait apprivoisées se donnent un malin plaisir à nous affliger de frayeurs.

Notre part d’Ombre interroge nos valeurs les plus fondamentales.
Elle remet en question tous nos choix.
Son point de vue va à l’encontre même de tout ce que nous avions fondé :
Elle nous demande s’il ne vaudrait pas mieux délaisser la bienveillance au profit de la méfiance,
elle s’inquiète des obstacles auxquels on se confronte,
elle nous persuade qu’on ferait mieux de préférer l’isolement et vivre dans notre bulle, à l’abri du regard et des jugements…
Son discours nous donne le vertige.
Nos pensées blêmes d’effroi nous frappent de stupeur.
L’esprit chancelant s’abandonne aux plus sombres des tourments.

Pour le meilleur et pour le pire, cet être qui nous fait de l’ombre est foutrement intelligent.
Ses remarques sont rudes, mais pas moins pertinentes.
Persistant depuis toujours dans la pénombre de notre vie,
elle est cet être fébrile, constamment enclin au doute, naturellement indécis…
mais soucieuse de notre sécurité, et curieusement assurée quand elle nous adresse la parole.
Elle est cet être qui encaisse toutes nos émotions refoulées,
nos douleurs dissimulées par ses soins,
nos secrets préservés en ses mains…
Ah, on ne peut rien lui reprocher !
En fait, on lui doit beaucoup.
Ses mots sont justes.
Sa présence est légitime.
On lui doit beaucoup, si ce n’est pas tout.
Il nous faut cohabiter.

Une voie vers le développement personnel

Carl Jung avait pertinemment saisit le sujet. Effectivement, cette rencontre est loin d’être évidente à vivre. Mais j’ai compris une chose : ce n’est pas tant le questionnement en soi qui nous ébranle, mais la façon dont on le reçoit.

En fait, encore une fois, il est question de voir le bon côté des choses, ou du moins de s’en saisir dans le bon sens.

Comme la méditation de la pleine conscience nous y invite naturellement, il s’agit d’écouter et d’accorder de la place à ce qui se manifeste. Ainsi j’ai compris que je pouvais me servir de ces interrogations afin de me rappeler les fondements de mes choix. Ce pour quoi j’arbore des valeurs telles que la bienveillance, l’altruisme…

Donc je pense qu’il faut faire face à son Ombre, d’abord l’écouter, puis osez l’affronter et lui rétorquer nos arguments.

« Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire. »
Carl Jung.

Concrètement – pour reprendre cette métaphore de l’ombre – lorsqu’elle m’interroge sur mes valeurs et m’assène que « La bienveillance est une faiblesse. Beaucoup de gens malveillants en profiteront. Tu devrais plutôt faire preuve de méfiance. » Alors je peux rétorquer : « La bienveillance demande beaucoup d’efforts, car elle exige que nous surpassions nos jugements ainsi que tous les préjugés dont nous sommes prémunis ; donc c’est une force, une force du cœur. Par ailleurs la bienveillance sème la bienveillance. Je suis plus épanoui dans mes relations depuis que je m’efforce de l’appliquer. C’est pourquoi j’ai décidé dans faire ma valeur. »

De cette manière, la confrontation n’est plus destructive, mais constructive. Elle nous incite à argumenter nos choix parfois inconscients et à nous en remémorer le passé qui nous y a conduit. Et cela ne peut pas nous faire de mal. Mais s’il s’agit parfois de se questionner sur ce qui semble acquis de longue date ou naturellement fondamental.

« Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »
Carl Jung

J’aime énormément cette autre citation. Je la trouve emplie de bon sens et de lucidité. Car il ne fait aucun doute que l’on ne peut atteindre la perfection. Néanmoins, je crois en effet que nos efforts peuvent nous mener à la plénitude. En ce sens, la confrontation avec notre ombre est une bonne chose. Elle consolide notre identité et nous conforte dans nos choix les plus profonds.

Il s’agit là probablement d’une étape à franchir pour grandir à titre d’adulte. Je pense qu’il ne faut pas s’inquiéter de traverser de tels questionnements sur soi.

En somme, j’espère que ce point de vue vous aidera à vous construire et à vivre sereinement cette rencontre avec votre ombre.

Que pensez-vous de la pensée de Jung ? Avez-vous déjà vécu une expérience similaire ?

Dîtes le moi en commentaire 😉

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