« En quête de sens, j’ai commencé à trouver des réponses à mes questions sur le chemin de la vie. » Stéphane quitte la belgique en 2014 pour vivre ses rêves au Maroc et adopter un mode de vie en harmonie avec son tempérament d’introverti. Auteur du “journal d’un explorateur spirituel”, fondateur de “Maroc en conscience” et de “Vivre Introverti”, Stéphane est aujourd’hui guide de voyage, et coach pour introverti !

« Je suis tombé plusieurs fois, mais je me suis toujours relevé pour incarner de plus en plus l’homme que je suis (introverti, sensible et “différent”). » Dans cet interview Stéphane nous partage son aventure palpitante au Maroc, comme une mission de vie qui l’a mené vers le yoga, la méditation, la spiritualité, l’accueil de qui il est… et le partage de son vécu en tant qu’introverti.

INTERVIEW D’UN INTROVERTI
Stéphane Szmil

INTROVERTI ET GUIDE DE VOYAGE, PREMIERS PAS VERS L’ENTREPRENEURIAT AVEC “MAROC EN CONSCIENCE”

Actuellement tu es fondateur de « Vivre Introverti », mais tu as d’abord créé le concept « Maroc en conscience ». Quel a été le déclic qui t’a fait changer de vie et quitter la belgique pour partir au Maroc ? Et en quoi cela consiste ?

Quelques mois avant de passer le cap de la trentaine, j’étais salarié dans un centre d’appel en Belgique depuis 4 ans et c’est avec une grande joie que j’ai perdu mon travail. Ça faisait déjà quelques mois que je commençais à remettre ma vie en question et même LA vie au sens large. Donc ma manière de consommer, de manger, de penser, de vivre. J’ai eu une sorte d’ouverture spirituelle qui m’a fait basculer dans un nouveau monde. Mon licenciement m’a permis d’avoir enfin du temps pour moi et de l’utiliser pour en apprendre davantage sur ce nouveau monde que je découvrais. Je pense que c’est ça le premier vrai déclic que j’ai eu.

Depuis tout petit, je me sens en total décalage avec la société et je peux dire que je suis rentré “de force” dans le moule mais au fond de moi, je savais très bien que je n’étais pas fait pour cette vie-là. J’ai donc commencé à modifier ma vision globale, mon état d’esprit et mon corps physique. Ça a été un changement radical et depuis ce jour, je n’ai jamais pu revenir en arrière.

L’été 2014, en discutant avec le patron de la radio où je travaillais comme bénévole (j’étais DJ pour une émission de hip hop diffusé chaque vendredi soir), il me parle du WWOOFING. C’est la première fois que j’entends parler de ce concept qui est d’aller dans une ferme et de travailler quelques heures sur place en échange du logement et du couvert. J’ai trouvé l’idée géniale et j’ai ressenti beaucoup de joie car ça faisait quelques mois que je m’intéressais à la permaculture. Directement, j’ai ressenti comme un appel de vivre cette expérience de WWOOFING au Maroc. Je ne peux pas l’expliquer avec des mots, mais intérieurement, je savais que c’était dans ce pays que je devais vivre cette expérience. Après quelques recherches sur internet, j’ai trouvé une ferme, au sud-est du Maroc, près du désert et je suis parti là-bas en août 2014, la période la plus chaude.

C’est comme ça que l’histoire à commencé. C’est aussi à partir de là où j’ai commencé les vidéos Youtube pour partager mes aventures au Maroc, pour “documenter” ma vie. Toutes les vidéos sont toujours en ligne sur ma première chaîne. J’avais aussi commencé un blog quelques mois plus tôt qui s’appelait “PermaVieCulture”.

Lorsque je suis arrivé sur place, j’ai eu un grand choc. Choc culturel, climatique et psychologique. Avec le recul, je crois que j’avais besoin de me reconnecter à la simplicité, à la base de tout. La vie simple, sans artifice. C’était un peu brutal mais j’en avais besoin. J’ai passé 3 mois dans cette ferme et à partir de là, ma vie à vraiment pris un autre sens. J’ai enfin réalisé que je pouvais faire quelque chose de ma vie. Quelque chose qui me donne de la joie et qui est utile pour les autres.

Quelques jours avant de quitter la ferme, j’ai eu une révélation très forte. Cette révélation me disait que ma place était au Maroc et pas ailleurs. Que je n’avais plus rien à faire en Belgique.

C’est ce que j’ai décidé de suivre. Je suis rentré en Belgique, dans mon petit appartement et j’ai annoncé à ma famille que j’allais partir vivre au Maroc. J’ai vendu toutes mes affaires, quitté mon appartement et je suis parti. Dans ma tête, j’étais vraiment aligné avec ce choix, même si je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer. Je savais juste que je devais partir.

Il s’est passé pas mal de choses entre le moment où j’ai quitté la Belgique et le moment où j’ai créé Maroc en Conscience mais je peux te dire que l’idée était en moi dès le départ.

Ça a pris 2 ans pour se matérialiser. Durant 2 ans, j’ai fait le tour du Maroc. Je pense que je me cherchais. Le voyage m’a permis de me (re)trouver. Il m’a fait réaliser ce que je voulais vraiment dans la vie.

En 2016, je m’installe dans un petit village en terre, au sud-est du Maroc et quelques mois plus tard, j’annonce à ma communauté le lancement de Maroc en Conscience ! Avec un premier voyage pour le nouvel an, au désert.

Le concept de Maroc en Conscience, c’est de pouvoir vivre un voyage authentique.

C’est le contraire de ce que propose les agences touristiques classiques (vraiment l’extrême opposé du voyage organisé avec 50 personnes où tu visites à contre-coeur des marchands de tapis). Je propose à des petits groupes (6 personnes maximums) de découvrir le Maroc que j’aime. Je les emmènes dans mes familles de coeur, chez des artistes, des artisans… C’est une semaine d’immersion totale.

Avec le temps j’ai développé plusieurs formules de voyages. Il y a le “Voyage en Conscience” qui est une sorte de road-trip de Marrakech jusqu’au désert et les “Retraites Spirituelles” où on passe une semaine complète dans le désert, en mode nomade.

Ce sont des voyages où tu ne ressors pas dans le même état d’esprit que lorsque tu es arrivé. Il se passe des choses en toi. J’ai créé ce concept pour les voyageurs en quête de sens. L’authenticité est vraiment au coeur du projet.

Donc, depuis décembre 2016, Maroc en Conscience évolue en permanence. Je suis maintenant arrivé à sa période de maturité où ma vision de départ s’est réalisé, à savoir que chaque séjour soit complet et que mes voyageurs repartent les étoiles plein les yeux. J’ai du m’accrocher pour réaliser cet objectif mais j’ai tellement appris et surtout tellement grandi. C’est une expérience incroyable. Maintenant, avec l’arrivée du COVID-19, mon activité principale a été mise en pause. C’est un gros coup dur pour le tourisme au Maroc et même mondial. Mais je suis conscient que la vie est ainsi, que la vie EST changement.

Légende de l'image | Crédits Photo : Nicolas Peters


Être guide de voyage en étant introverti, c’est pas anodin ! On pourrait avoir peur de ne pas être à l’aise avec les gens, de ne pas être intéressant ou de vite fatiguer… Quelles ont été tes appréhensions et comment les as-tu surmonter ?

Oui ! C’est vrai que c’est un grand défi pour l’introverti que je suis.

Je dois t’avouer que ça a été progressif et je pense que c’est ça qui m’a aidé.

Avant la création de Maroc en Conscience, j’ai commencé à aider des personnes pour leur séjour au Maroc. Puis j’ai organisé quelques voyages pour des amis proches et des membres de ma famille. Ça m’a permis d’apprendre comment tout ça se passe.

Tu sais, je ne me suis jamais dit : “Je vais devenir guide de voyage”.

Cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Et je n’aurais jamais pu la valider psychologiquement. Même aujourd’hui, je ne me considère pas vraiment comme ça.

Le processus s’est fait progressivement. Le premier séjour officiel de Maroc en conscience était pour le nouvel an, en décembre 2016, avec un petit groupe. Je pense 4 à 5 personnes. J’étais avec un ami marocain proche et le chauffeur. On a fait le séjour tous ensemble en 4×4, c’était magique et en même temps de la pure improvisation, car tout était nouveau pour moi.

Suite à leur retour positif, j’ai eu d’autres réservations pour d’autres dates en 2017 mais assez rapidement j’ai été confronté à la réalité. Devenir organisateur de voyage ne s’improvise pas. Il faut une structure, il faut communiquer, devenir plus professionnel.

Alors, j’ai appris sur le tas. En m’améliorant à chaque voyage.

Ça a pris du temps. J’ai eu beaucoup de séjour où je n’avais pas assez de voyageurs mais je n’ai jamais annulé un seul voyage. J’ai fait des voyages avec 1 seul voyageur, avec 2 personnes, puis 3 personnes. J’ai même fait des voyages où je perdais de l’argent.

Mais je me suis accroché à mon rêve et ma vision et ça a fini par payer.

En 2019, j’ai organisé la première “Retraite Spirituelle” avec un groupe de 7 personnes et là, j’ai enfin réalisé que j’avais construit quelque chose de beau et de fort.

Tu sais, ce moment où je me suis retrouvé face à ce groupe de 7 personnes, qui était venu jusqu’au désert en me faisant confiance, c’était un grand choc pour moi !

D’un seul coup, je suis devenu un guide, un organisateur. Mais je ne l’ai vraiment pas vu venir.

Ce qui m’a vraiment aidé, c’est l’état d’esprit de mes voyageurs. Ce sont des personnes bienveillantes la plupart du temps, en quête de sens, ils sont à mon image. On se ressemble. J’ai énormément d’introvertis par exemple. Alors, quand je me suis retrouvé avec ce groupe, dans le désert, pendant un “cercle de parole”, j’ai réalisé que j’avais accomplis du chemin depuis le premier séjour. Je me suis senti respecté et aimé pour la personne que je suis. C’était très émouvant. Avec mes voyageurs, je peux être moi-même à 100 %, je garde mon tempérament introverti et mon énergie, je ne porte pas de masque. C’est juste que je dois faire attention pour davantage m’affirmer et être pleinement présent avec eux. Je dois leur expliquer chaque jour ce qui va se passer, m’occuper de l’organisation globale, des activités, des moments d’échanges… J’ai la chance aussi d’avoir pu m’entourer d’une équipe exceptionnelle et de travailler avec des hommes incroyables.

Donc pour répondre plus précisément à ta question, je n’ai pas vraiment eu d’appréhensions car le processus a pris du temps. Un jour, je me suis retrouvé à être l’animateur d’un groupe de 6 à 7 personnes et c’est comme si c’était naturel, comme si cette situation était venue spontanément. Car la vie m’a donné le temps de prendre ma place et d’adopter la posture qui me convient. Je pense vraiment que la vie ne nous donne jamais des épreuves que nous ne sommes pas capable de surmonter. Même si parfois on vit des trucs vraiment très dur, ce n’est pas au point de mourir. Et comme tu sais, toutes les expériences nous font grandir et évoluer. C’est comme ça que ça fonctionne.

Légende de l'image | Crédits Photo : Nicolas Peters

« À la fin des séjours, c’est toujours un grand moment d’émotion. Il y a souvent des pleurs et beaucoup d’amour. »

Comment se déroule tes voyages ?

Concernant mon niveau de fatigue et d’énergie, gérer une retraite au désert n’est pas si facile que ça mais j’ai trouvé la position qui me convient. Comme je t’ai dit, je reste vraiment naturel et authentique avec mes voyageurs. Donc parfois, quand on est en train de marcher dans le désert, je m’écarte un peu pour marcher seul, pour réfléchir et me ressourcer avec la nature. À certains moment, je leur propose aussi de vivre une marche en silence, c’est très puissant, j’adore ces moments ! Et mes voyageurs aussi. C’est là qu’ils peuvent vraiment se connecter avec le désert, grâce au silence. On sort du mental.

J’adore animer les cercles de paroles que nous faisons chaque soir devant le feu, c’est un grand moment de partage où chacun exprime ce qu’il a sur le coeur et comment il a vécu la journée. Après, on mange tous ensemble, autour du feu et en général, c’est à ce moment que je quitte le groupe pour aller dormir un peu à l’écart. Pour eux, ils continuent de vivre la soirée avec notre équipe, avec la musique, les chants, les étoiles… Pour moi, c’est mon petit moment où je souffle un peu et me retrouve seul pour me recharger. Je n’ai jamais eu de remarques négatives par rapport à ça, je pense que mes voyageurs ont très bien compris comment je fonctionne après quelques jours et ils acceptent.

À la fin des séjours, c’est toujours un grand moment d’émotion. Il y a souvent des pleurs et beaucoup d’amour. Chaque voyage est tellement intense, c’est dur à décrire avec des mots tu sais. Et pour ma part, après chaque séjour, durant 2 à 3 jours je vais dormir non-stop. Mon corps et mon esprit en ont besoin. Je me repose durant quelques jours et après, je commence à penser au prochain voyage. Ce qui m’aide aussi, c’est que je n’organise que 4 à 5 voyages par années. Donc ça me laisse énormément de temps pour moi entre-temps. J’ai vraiment réussi à créer une activité sur-mesure et en harmonie avec mon introversion.

Concrètement qu’est-ce que les gens apprécient le plus de ta personnalité introvertie ?

C’est dur de donner une réponse concrète car c’est surtout ceux qui m’apprécient qui pourraient mieux te répondre mais ce qui revient très souvent c’est :

  • mon attitude calme et posée (dans un monde où la plupart des gens sont souvent très expressifs, dans le mouvement et l’agitation, ça fait du bien de voir autre chose)
  • mon expérience sur la vie, une certaine “sagesse” (comme j’ai pris des grosses décisions et des “risques” dans ma vie perso, les gens me posent souvent beaucoup de questions et sont intéressés pour connaître davantage mon parcours, mes anecdotes, les leçons que j’en tire…)
  • l’écoute empathique (ça c’est vraiment un truc d’introverti, le fait d’écouter pleinement la personne qui est en face de toi. C’est très très apprécié. Mais parfois, c’est moi qui parle le plus, ça dépend avec qui je suis et du sujet de conversation)
  • le mystère (un autre truc d’introverti. Je crois que quand tu es un peu mystérieux, discret, les gens ont envie de savoir ce qui se cache derrière, ils sont parfois attirés inconsciemment vers toi à cause de ça)

Sinon, globalement, je pense que c’est surtout énergétique. Tu sais, quand tu rentres dans une pièce et qu’il y a 10 personnes présentes, parfois il y a un mec que tu ne sens pas du tout ou inversement, il y a une personne qui va vraiment t’attirer mais tu ne sais pas pourquoi. C’est un peu de l’intuition. Donc les gens qui m’apprécient doivent ressentir ce truc là envers moi, c’est quelque chose qui est difficile à expliquer avec des mots.

En tout cas, le fait d’être introverti ne m’a pas empêché d’être apprécié par certaines personnes et même détesté par d’autres. Gagner en confiance en moi, m’a permis aussi d’être beaucoup plus apprécié et d’avoir des échanges spontanés avec les autres, ça a vraiment tout changé. Comme si je passais dans une autre dimension de ma vie.

Légende de l'image | Crédits Photo : Nicolas Peters


Aurais-tu un conseil à donner à un introverti qui souhaiterait s’élancer dans l’entrepreneuriat ?

C’est un grand sujet, qui me passionne tellement ! Je suis très content que tu me poses cette question. Merci.

Tu sais, avant de te répondre concrètement, j’ai réalisé très tard que j’étais devenu entrepreneur ! Je me rappelle très bien. J’étais dans le bureau du Caïd (on appelle ça comme ça au Maroc, un peu comme le Maire en France je pense) pour qu’il signe mon certificat de résidence et il commence à me poser des questions basiques. Puis il me demande mon emploi et là… Gros bug. Je ne sais pas quoi lui dire.

Petit moment de silence…

Puis, j’essaie d’expliquer mon travail : “j’accompagne des personnes pour des retraites spirituelles dans le désert, je fais du coaching, du yoga, des vidéos sur Youtube, j’ai créé ma société “Maroc en Conscience”, etc.”

Puis, il me regarde dans les yeux et me répond d’une manière vraiment spontanée : “Alors, tu es un entrepreneur !”. Et là j’enchaîne tout rassuré “Oui, oui, c’est ça ! Je suis entrepreneur !”

C’est là, que j’ai vraiment compris que j’avais passé ce cap. C’était amusant car je n’avais jamais mis de mot sur ce que je faisait depuis quelques années.

Je pense que j’étais destiné à devenir entrepreneur car je ne me suis jamais senti à l’aise ou moi-même dans le système du salariat, même dans le système tout court. J’ai expérimenté pas mal de métiers mais j’avais toujours cette sensation intérieure que je n’avais rien à faire là-dedans. C’était un peu pareil pour l’école et c’est pour ça que j’ai quitté à 18 ans.

Quand tu ne te reconnais pas dans le système et que tu ne prends aucun plaisir, le meilleur moyen est de créer ton propre système, de créer ta propre vie, sur-mesure. C’est ce que j’ai fait, d’une manière vraiment naturelle.

Les introvertis ont ce pouvoir de caméléon, celui de s’adapter à toute situation et particulièrement pour l’aspect “travail”. Donc tu peux rester 30 ans dans la même société même si tu ne prends aucun plaisir à bosser là-bas, juste parce que “c’est comme ça que le monde fonctionne”. Tu te lèves chaque matin en étant dégoûté par ton travail, mais tu continues malgré tout. C’est vraiment triste. J’ai des amis introvertis qui sont dans cette situation alors qu’à l’intérieur d’eux ce sont de grands créatifs, mais ils n’osent pas faire le premier pas et préfèrent la sécurité de leur vie “par défaut”. J’étais comme ça aussi donc je comprends et ne les juge pas, mais maintenant que je suis passé de l’autre côté je trouve ça tellement dommage de passer à côté de sa vie simplement par peur de l’inconnu.

Donc, pour répondre à ta question… Déjà il faudrait se mettre d’accord sur la définition du mot “entrepreneuriat” pour être sûr qu’on parle de la même chose, car il y a différents types d’entrepreneurs. Mais, on va partir sur le fait que ce serait une personne qui veut construire son propre système, qui a une idée précise et qui va mettre toute son énergie pour la développer et en faire une source de revenu dans un premier temps puis éventuellement en faire un plus gros système avec des employés qui travaillent pour lui, etc.

Mon premier conseil, ce serait d’avoir un POURQUOI hyper fort, hyper puissant.

Sans ça, tu es mort et tu ne vas pas durer.

Tu dois savoir à l’intérieur de toi pourquoi tu veux faire ça.

Quel est le but ? Où est-ce que tu veux aller ? Qu’est-ce qui te donne de la joie dans tout ça.

C’est la base de tout.

Si ton POURQUOI est fort, tu vas pouvoir utiliser la persévérance et c’est ce dont un entrepreneur à le plus besoin. Persévérer, ne pas laisser tomber avec les premières difficultés, s’accrocher quand tout va mal, ne pas lâcher. Et au bout d’un moment, tu vas récolter les premiers fruits de ta persévérance.

Pour ma première société “Maroc en Conscience”, j’ai mis presque 3 ans avant de pouvoir dire que le projet fonctionne et qu’il me permet d’en vivre et d’y prendre du plaisir.

3 ans, c’est long. Si mon pourquoi était faible, j’aurais abandonné après quelques mois. Et malheureusement, c’est ce que beaucoup de personnes font, elles abandonnent rapidement.

L’effet cumulé, c’est vraiment un truc super-puissant. C’est le fait que des petites actions répétées au quotidien produisent au bout d’un moment d’énormes résultats. Le pouvoir des habitudes en quelque sorte. Ce principe fonctionne dans TOUS les domaines, vraiment tous sans exception. Le seul truc qu’on ne maîtrise pas c’est le “quand”, c’est le moment où ça va décoller. Donc il faut persévérer, c’est la clé absolue de l’entrepreneur qui réussit.

Mon projet “Maroc en Conscience”, début 2020 était arrivé à maturité et la vision que j’avais eu au départ s’était enfin matérialisé devant mes yeux. Mais comme la vie est changement, la crise mondiale est arrivée et j’ai du revoir tous mes plans…

C’est dans ce contexte que j’ai créé “Vivre Introverti”, dès le début du confinement, en mars 2020. Et là, c’est exactement pareil. Je recommence tout à zéro. Nouveau concept, nouveau projet, nouvelle idée. Mon POURQUOI est très fort. Pour te dire, il est même plus fort que pour “Maroc en Conscience” car je prends plus de plaisir d’être un créateur de contenu qu’un organisateur de voyage. Même si je prends énormément de plaisir avec les séjours que j’ai créé, ma vraie passion, c’est de créer du contenu. Depuis tout petit. J’ai ça en moi.

Donc là, je suis dans la toute première phase du projet. Ça fait à peine 4 mois. J’ai généré de l’argent dès les premières semaines avec les premières formations, je sais que le système que j’ai choisi fonctionne et qu’il peut vraiment devenir énorme. Mais, en ce moment précis, je suis dans la zone où la plupart des gens abandonnent.

Car je n’ai pas de bons résultats. Très peu de commentaires sur les vidéos, les 2 dernières formations qui ne se vendent pas, une situation financière vraiment difficile et un avenir complètement incertain. Mais tu sais, je vais m’accrocher. Car j’ai cette vision long-terme et mon pourquoi est tellement fort que je ne peux pas laisser tomber.

Et dans quelques mois, ou quelques années, quand “Vivre Introverti” sera vraiment devenu un gros truc, je pourrais me rappeler de cette période avec le sourire et me dire que j’ai bien fait de ne pas lâcher.

Donc mon conseil pour la personne qui veut entreprendre : réfléchi si ton pourquoi est vraiment FORT et PUISSANT. Il doit venir de l’intérieur. Ta motivation doit venir de toi et pas de l’extérieur. Ensuite, lances-toi ! N’attends pas d’être bon ou parfait. Tu ne le deviendra qu’en passant à l’action. Si tu réfléchis trop, sans passer à l’action, tu n’avanceras jamais. Donc commence, fais le premier pas et PERSÉVÈRE. Ne lâche rien. Même quand tout te fera penser que c’est la fin, continue, accroche-toi et après quelques temps tu vas pouvoir récolter les fruits de ton investissement personnel. Et c’est à partir de là que ça devient vraiment intéressant.

J’ai oublié de préciser qu’il faut aussi que ton projet soit au service des autres. Il doit répondre à une demande précise, à un besoin. C’est la base. Et si tu peux vérifier dès le début que ton projet peut générer de l’argent, ce sera un bon point de départ.

Comme tu vois, j’adore ce sujet et j’espère très bientôt pouvoir accompagner d’autres introvertis à devenir entrepreneur, ça va être génial.

J’encourage vraiment les introvertis à devenir entrepreneur (s’ils en ressentent l’envie). C’est là-dedans qu’ils vont vraiment s’éclater et vivre pleinement leur vie. Et au fond de nous, on est vraiment fait pour ça et nous avons toutes les qualités pour réussir en tant qu’entrepreneur. Là où certains extravertis seront en difficultés, nous on sera en position de force.

VIVRE INTROVERTI : OU COMMENT S’ÉPANOUIR EN ÉTANT INTROVERTI

Légende de l'image | Crédits Photo : Nicolas Peters


Depuis 2020, tu aides les introvertis à accepter leur tempérament et à vivre pleinement leur potentiel avec “Vivre Introverti”. Pourquoi t’être tourné vers l’introversion ?

Depuis que je suis enfant, je me suis toujours senti différent des autres, en décalage. Un peu comme si j’étais un extra-terrestre. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je ne pouvais pas faire comme tout le monde, puis je me suis adapté petit à petit en gardant cette interrogation sur ma façon d’être. C’est seulement vers la trentaine que j’ai pu mettre un mot sur cet état. J’ai découvert que j’étais introverti ! Ça a été un énorme soulagement. J’ai longtemps souffert de ma différence car je ne savais pas que je n’étais pas le seul à le vivre et qu’il n’y avait rien de grave à être différent.

Quand j’ai découvert que j’étais “simplement” introverti, j’ai commencé à me renseigner sur le sujet puis je suis rapidement passé à autre chose car c’était une période de ma vie où j’étais en plein mouvement et je commençais mon aventure de vie au Maroc. Je n’ai pas vraiment approfondi sur le moment. J’avais compris les bases de l’introversion et ça me permettait d’assumer davantage qui j’étais vraiment. C’était déjà un grand changement dans ma vie.

Comme tu l’as précisé, depuis 2020, j’aide les introvertis à mieux vivre leur introversion et tu sais je me suis vraiment tourné vers cette thématique d’une manière naturelle et spontanée. Ça faisait déjà 6 ans que je faisais des vidéos sur Youtube mais je m’adressais à tout le monde. Je n’avais pas une cible particulière ni un concept clair. Et depuis mon développement avec Maroc en Conscience, je me suis beaucoup intéressé au marketing, je trouve cet univers passionnant et j’ai commencé à suivre des personnes super inspirantes comme Antoine BM, Stan Leloup… Ils aident les créateurs de contenu à vivre de leur passion. Pour la première fois, je voyais des mecs comme moi (plutôt introverti) te parler de business en ligne, de marketing d’une façon qui résonnait totalement avec ma vision des choses. À force de les écouter, de me former avec eux, j’ai compris un peu mieux comment réussir à monter un business qui te ressemble sur internet et d’en vivre en y prenant du plaisir.

Donc quand la crise du COVID-19 est arrivée en mars 2020, psychologiquement, j’étais déjà prêt à démarrer quelque chose de nouveau. Ma première chaîne Youtube avait dépassé les 10 000 abonnés mais je voulais repartir à zéro. Un peu comme si j’écrivais un nouveau livre.

Je commence sur la première page blanche pour écrire une toute nouvelle histoire. C’est comme ça que j’ai ouvert ma nouvelle chaîne Youtube “Vivre Introverti”.

Quand j’ai compris que mon projet principal “Maroc en Conscience”, celui qui me permet de vivre au Maroc et mon unique source de revenu, allait être mis en pause pour plusieurs mois, je n’ai pas vraiment perdu de temps. Pendant 2, 3 jours, j’ai eu cette intuition hyper-forte de démarrer quelque chose de nouveau et ça a été une évidence que j’allais m’adresser aux introvertis. Cette idée tournait en boucle dans mon esprit, ça ne s’arrêtait pas. Je ressentais une certitude intérieure que c’était ça. Je ne peux pas vraiment l’expliquer avec des mots mais à l’intérieur de moi j’étais convaincu que c’était juste et pertinent. Si tu es introverti, je pense que tu comprendras ce que je veux dire ici. On fonctionne très souvent à l’intuition.

Donc pourquoi j’ai choisi la thématique de l’introversion ? Parce que ça me plait énormément ! Je pourrais en parler jusqu’à la fin de ma vie je pense.

Aussi, j’ai été tellement en souffrance de ne pas savoir et tellement soulagé lorsque j’ai appris que j’étais introverti, que je suis sûr que je peux aider beaucoup de personnes à le découvrir plus tôt. C’est ça le moteur. Faire connaître l’introversion dans le monde francophone et que les introvertis qui s’ignorent puissent se découvrir.

On est aussi dans le domaine de la psychologie humaine, c’est passionnant.

Je ne sais pas pourquoi mais il y a très peu de contenu sur l’introversion dans le monde francophone. Il y a le blog de Julien Prest qui est installé dans cette niche depuis des années, mais à part lui, il n’y a pas grand monde. Et sur Youtube, il n’y avait encore personne sur cette thématique à en faire des vidéos quotidiennes comme je le fais.

Donc j’ai pris ma place. Je pense que ce domaine va être de plus en plus mis en lumière et on a besoin de personne comme toi pour diffuser le message. C’est génial ce que tu fais avec L’Aventurier Introverti, bravo !

Aux Etats-Unis ou en Angleterre, le sujet de l’introversion est beaucoup plus accessible et connu du grand public. Tu trouves des centaines de blogs, des chaînes Youtube… Je pense qu’on a un peu de retard là-dessus mais ça va se développer. Cette interview contribue à ce développement 🙂

Quand et comment est-ce que tu as compris que tu étais introverti ?

Comme je te disais, j’ai compris très tard que j’était introverti. Ça faisait déjà plus de 30 ans que je pensais être un extra-terrestre alors psychologiquement c’était dur. Je ne sais pas lequel est venu en premier mais il y a eu 2 éléments : une vidéo sur Youtube qui expliquait ce qu’était l’introversion (et que c’était cool de l’être !) et le test MBTI.

Quand j’ai passé le test de personnalité MBTI, j’ai eu comme résultat INFJ et en lisant la description je me suis reconnu à 100 %. C’était dingue ! Pour la première fois, je lisais quelqu’un qui me décrivait totalement, de A à Z. J’ai été lire les descriptions des autres profils et j’ai compris que j’étais bel et bien INFJ.

C’est à partir de là où j’ai commencé à mieux vivre ma différence et à m’assumer davantage.

En quoi est-il difficile selon toi de vivre introverti ?

C’est surtout difficile quand tu ne sais pas que tu es introverti 🙂

À partir du moment où tu comprends que c’est un tempérament inné, que tu l’as depuis la naissance et que ça va rester jusqu’à ta mort, ça devient un peu plus facile à accueillir.

Puis ça devient moins grave car tu n’es plus seul.

Nous sommes quand même des millions d’introvertis sur terre.

Ce qui est difficile c’est que notre société occidentale a été développée en favorisant l’extraversion. C’est bien vu d’être une personne hyper-sociable, de pouvoir être à l’aise naturellement avec d’autres humains, de parler spontanément, de sortir, voir du monde, d’être toujours entouré…

Bref, tout ce qu’un introverti déteste !

C’est comme si notre société a été construire POUR les extravertis. Donc quand tu débarques là-dedans, tu as l’impression qu’il n’y a pas de place pour toi. Tu te sens différent et en décalage avec les autres en permanence. Et ça touche à peu près tous les aspects d’une vie humaine. Donc, c’est surtout ce sentiment d’être différent qui est difficile à vivre.

Il y a un cap à passer pour accueillir son introversion. Prendre sa place dans la société en restant qui tu es. Nous avons tellement à apporter aux autres. C’est juste qu’on fonctionne différemment.

Maintenant, je vois l’introversion comme une force et non une faiblesse. Je vois surtout nos qualités d’introvertis et tout ce qu’on peut apporter aux autres. C’est aussi pour ça que j’ai créé “Vivre Introverti”, pour montrer que nous avons aussi notre place à prendre et qu’on peut vraiment rayonner en étant pleinement nous-mêmes.

Actuellement et vu comment j’ai su co-créer ma vie, mon environnement, ça ne me pose plus de problèmes d’être introverti. Au contraire, c’est devenu ma force.

Si tu devais donner trois conseil à un introverti pour tendre vers l’épanouissement, quel serait-il ?

#1 : Apprendre à assumer et accueillir pleinement l’être que tu es.

#2 : Faire le premier pas pour réaliser tes rêves, tes objectifs, car c’est en passant en l’action, en te réalisant, que tu vas développer ta confiance en toi et goûter de plus en plus au bonheur d’être toi-même et d’être en vie ici et maintenant.

#3 : Réussir à trouver l’équilibre dans tous les domaines de ta vie. Car tout est connecté, tout est lié ensemble, c’est holistique. Donc apprendre à donner à ton corps des choses naturelles, vivantes, biologiques. Rester en mouvement à travers une activité physique quotidienne. Nourrir ton esprit avec les choses qui te passionnent et rester ouvert et curieux pour tout ce que tu ne connais pas encore. Apprendre à aimer. Apprendre à t’aimer, à aimer les autres, à aimer la vie. Partager.

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