Quand il est question d’hypersensibilité, on parle souvent “d’éponge émotionnelle”. Sur internet, il est fréquent que des hypersensibles se plaignent d’être des éponges émotionnelles. Dans le sens où ils ne parviennent pas à gérer leurs émotions et qu’ils absorbent constamment celles des autres. Comment ne plus être une éponge émotionnelle ? Être hypersensible implique-t-il nécessairement d’être une éponge à émotion ?

#1 Les émotions sont nos alliées, et non nos ennemis

Les émotions ne sont pas destinées à être subit. Qu’elles proviennent des autres, par compassion ou empathie, ou qu’elles soient suscitées par un événement quelconque ; les émotions n’ont aucunement vocation à nous faire souffrir. Pourquoi croyez-vous que notre cerveau émotionnel s’est développé avec le temps ? C’est entre autres à notre intelligence émotionnelle que l’on doit le développement de l’humanité. Parce que les émotions sont là pour nous délivrer un message afin d’engager un changement.

En d’autres termes, posez-vous les bonnes questions : subissez-vous vos émotions parce que, pas de bol, vous êtes une éponge émotionnelle, ou bien vous manquez d’intelligence émotionnelle ? Réfléchissez bien, car ce n’est pas la même chose. Soyez honnêtes envers vous-mêmes et faites preuve de discernement. Il n’y a pas de mal à manquer d’intelligence émotionnelle. C’est un problème pour beaucoup de gens, dans nos sociétés occidentales.

En effet, en France du moins, l’intelligence émotionnelle est complètement négligée dans notre système éducatif. Ce qui est absurde. Et il en va de même pour notre éducation parentale, à moins bien entendu d’avoir des parents sensibles à ce sujet. Autrement dit, on n’apprend pas à connaître, à identifier et à comprendre nos émotions. D’où des difficultés, notamment pour les personnes hypersensibles (mais aussi pour les autres), à gérer ses émotions.

Car les deux sont indissociables. Si vous subissez vos émotions, alors vous subirez celles des autres. Donc, si vous ne voulez plus être une éponge émotionnelle, développez votre intelligence émotionnelle. Lisez des livres, documentez-vous et livrez-vous à des pratiques favorables à son développement.

#2 Le piège des étiquettes (et des idées reçues)

Le risque, avec des étiquettes telles que “l’éponge émotionnelle”, c’est d’en faire une prison. Vous avez décrété que vous étiez une éponge émotionnelle ou bien on vous l’a assigné malgré-vous ; par conséquent, vous ne vous permettez pas d’être autre chose qu’une éponge émotionnelle. De comprendre et de maîtriser vos émotions. D’être capable de vous détacher de celles des autres. Or, être hypersensible n’implique aucunement d’être une éponge émotionnelle. En réalité, c’est bien souvent une étiquette qu’on s’impose à défaut de bien se connaître et de réellement comprendre ce qu’est l’hypersensibilité. Renseignez-vous davantage au sujet de l’hypersensibilité. Elaine N. Aron et Saverio Tomasella ont synthétisé leurs recherches à travers plusieurs ouvrages, dont : “Hypersensibles, Mieux se comprendre pour s’accepter” ou encore “À fleur de peau”.

Beaucoup d’hypersensibles souffrent parce qu’ils se méconnaissent, parce qu’ils ne comprennent pas leur hypersensibilité. Autrement dit, parce qu’ils définissent leur hypersensibilité par les préjugés, clichés et idées reçues qui lui sont spontanément associés. Ne laissez pas les autres vous dire qui vous êtes et autorisez-vous à aller à l’encontre de toutes ces croyances limitantes qui vous freinent dans votre épanouissement. Apprenez à mieux vous connaître et, encore une fois, documentez-vous sur l’hypersensibilité d’après les travaux de Elaine N. Aron et Saverio Tomasella.

#3 Bien comprendre l’empathie et la compassion

Saverio Tomasella, psychanalyste et écrivain français, nous rappelle qu’on retrouve également chez la plupart des hypersensibles certaines caractéristiques communes dont l’empathie. Or il est fréquent de rencontrer de mauvaises interprétations de l’empathie, qui aboutissent à des conclusions telles que “je suis une éponge émotionnelle parce que j’ai beaucoup d’empathie”.

L’empathie n’est pas un phénomène d’absorption, mais une capacité. Plus exactement : « L’empathie, c’est la capacité d’écouter et de ressentir le point de vue des autres, de chercher à le comprendre et de le respecter, même si l’on n’est pas totalement d’accord avec eux » – L’estime de soi, Christophe André et François Lelord. L’empathie n’est donc pas quelque chose qui nous est imposée, elle se maîtrise. En tant qu’hypersensible, je peux très bien me détacher d’une personne. La compassion néanmoins peut impliquer une charge émotive intense.

Quoi qu’il en soit, notre intelligence émotionnelle et notre connaissance de soi sont fortement impliquées. Pour une personne hypersensible dont la construction psychologique est saine et équilibrée, et la connaissance de l’hypersensibilité juste et fournie, il sera aisé de faire la différence entre ses propres émotions et celles de l’autre. L’empathie sera alors favorable à l’écoute et à un accompagnement de l’autre. L’hypersensibilité sera un vrai atout.

Cependant, pour une personne hypersensible dont la construction psychologique n’est pas saine et équilibrée, ou bien pour qui la connaissance de l’hypersensibilité serait biaisée car fondée sur des idées reçues, alors il sera difficile de faire la différence entre toutes les émotions perçues. L’écoute et l’accompagnement de l’autre manqueront de justesse et d’exactitude. L’hypersensibilité sera mal vécue. Les dérives courantes seront de tomber dans les pièges du jugement, de l’auto-sabotage etc.

#4 Et si vous étiez empathes ?

On fait parfois la confusion entre hypersensible et empathe. « L’empathe est très sensible aux émotions des gens et à leur énergie. Cette sensibilité ressentie vaut autant pour les proches de l’empathe que de parfaits inconnus. Les empathes ressentent le monde qui les entoure et sentent ce que les autres éprouvent par leur sens très développés et leur intuition qu’ils utilisent. (…) L’empathe aura donc tendance à absorber les émotions autour de lui où qu’il aille. » – 11 traits caractéristiques d’un empathe, psychologue.net