Hypersensible, surmonter un épisode dépressif

Ah ! Cet article est comme une bouffée d’air. Écrire ces mots me donnent le sentiment de signer un traité de paix. Et l’ennemi en question se trouve être un semblant de dépression (pour les proches qui liraient cet article, désormais je vais très bien haha).
La dépression, on emploie souvent ce mot et ses variantes, mais sans jamais réellement savoir ce dont il s’agit.

Aussi, je crois qu’il est important d’en parler à titre d’Hypersensible, car il n’y a rien que l’on puisse vivre comme des personnes moins sensibles. En ce sens je suis certain qu’on ne
peut aborder le problème comme on le ferait avec une personne moins sensible. Nous sommes différents, nous vivons différemment notre rapport au monde et aux émotions.

Si un simple passage de tristesse se traduit parfois par un ouragan du fait de notre hypersensibilité, qu’est-ce que c’est quand il est question de dépression ? Que peut-on faire pour revoir le jour ?

SOMMAIRE

Hypersensible et épisode dépressif, pourquoi ?
La prise de conscience (la vraie) !
Pleine conscience de la situation et de ses émotions
Se faire aider, tendre la main.

Une brève parenthèse

Tout abord, je tiens à souligner que je n’ai aucunement prétention à apporter un soin quel qu’il soit. Une dépression « sérieuse » nécessite sans doute l’accompagnement d’un professionnel, sinon le soutien de ses proches. À l’image de mes précédents articles et de tous ceux à venir, il ne s’agit ici que du modeste partage d’une expérience et d’un point de vue purement personnels ; dans ce qui, en l’occurrence, s’apparente probablement davantage à un épisode dépressif qu’à la dépression elle-même.

Hypersensible et épisode dépressif, pourquoi ?

Il existe des raisons bien spécifiques à l’épisode dépressif quand on est hypersensible. Au vu des normes et de la culture de la personnalité qui régissent actuellement notre société, pas étonnant qu’il ne soit pas tous les jours évident de vivre notre Hypersensibilité.

Mettre des mots sur ce que je traversais a clairement dépoussiéré mon esprit. Entre autres, je pense que cela nous aide à lutter contre les ruminations et pensées néfastes qui nous persuadent que le problème est ancré en nous.

Au delà des ressentis propres à l’état dépressif (fatigue, profonde tristesse, passivité, ennui, angoisses, frustration…), voici quelques exemples de pensées qui m’ont personnellement touché et qui vous concernent peut-être :

  • Je me sens étranger à ce monde, trop différent des autres,
  • Je me sens seul, voire rejeté,
  • Je ne sais pas où je vais, j’ignore le sens de ma vie,
  • Je ne sais pas ce que je désire,
  • Tout me paraît fade, je ne parviens pas à m’émerveiller…
  • … et bien d’autres encore.

Cependant, qu’on ne se méprenne pas : l’Hypersensibilité n’implique AUCUNEMENT la dépression. On confond souvent à tort et à travers hypersensibilité et dépression… Je pense que c’est mal cerner le problème. En somme un manque de considération du contexte actuel. Tous les Hypersensibles ne sont pas enclins à la dépression. Cela dépend également de la personnalité, du vécu etc…

En réalité, comme en témoignent les pensées qui peuvent accompagner notre épisode dépressif, les raisons peuvent s’expliquer par un désaccord avec notre société. Dans l’une de ses vidéos, l’auteure de la chaîne youtube « Une psy à la maison » nous dit quelque chose du genre « L’hypersensible est fait pour briser les normes ».

Autrement dit, en tant qu’Hypersensible, nous allons bien souvent à l’encontre même des normes et de la culture de notre société : l’idéal masculin voudrait que l’on soit insensible, affirmé, entreprenant… Notre culture de la personnalité nous incite à créer du réseau et à nous mettre sur le devant de la scène, valorise l’extraversion en dépit de l’introversion et de l’hypersensibilité… D’où, entre autres, le sentiment d’étrangeté.

Aussi, peut-être que mieux comprendre qui on est et dans quel monde on vit nous aidera à nous détacher des pensées noires de nos épisodes dépressifs.

Sur ce, je ne m’attarderais pas davantage là dessus. J’en parle par ailleurs et d’autres abordent également le sujet. Je préfère développer les points suivants, pour lesquels j’ai une expérience unique et personnelle à vous partager 🙂

La prise de conscience (la vraie !)

Le problème, quand on est victime d’un quelconque état de tristesse : Christophe André nous dirait que l’on est démuni de cette volonté dont on aurait tant besoin pour nous en sortir, et dépourvu d’une réelle conscience de ce que l’on traverse.

Je me suis répété maintes fois : « Je traverse une période obscure, ça va finir par me passer… c’est juste un peu de tristesse. J’en ai conscience. Inutile de trop m’en faire.« . « Pauvre fou ! », s’écrierait Gandalf avant de me frapper sur la tête d’un coup de bâton haha. Dans cette réflexion, je suis passif et me condamne inconsciemment à mon sort ! Parce que je pensais – ou m’en persuadais ? – d’avoir à faire à une simple tristesse, je laissais tranquillement s’insinuer dans mon cœur un poison bien plus grave…

Ce n’est pas pour faire peur, mais il faut RÉALISER ce qu’est réellement la DÉPRESSION, ou du moins l’épisode dépressif, et ce qu’il a de grave pour en prendre pleinement CONSCIENCE.

L’épisode dépressif ne se réduit pas à une tristesse habituelle. Car il perdure et ses pensées noires nous font dangereusement songé à la mort.

Il a fallu qu’un soir, au hasard d’une flânerie désespérée sur internet, en quête de réponses, je m’égare sur une définition de la dépression avec explications de ses symptômes ; pour finalement réalisé que j’étais loin du simple « coup de déprime ». À vrai dire…  j’ai été CHOQUÉ. Je ne pensais pas que mon problème pouvait s’avérer si grave ! 😮

J’ai été choqué, et ce choc m’a réveillé.

Ça été comme un éveil de ma conscience

Un éclat de lucidité m’a ramené à la raison. Puis m’a poussé à me ressaisir de cette VOLONTÉ que j’avais développé jusque là, cette volonté à me LIBÉRER de mes souffrances et à être HEUREUX.

Ainsi la prise de conscience est fondamentale, car elle est LA CLÉ qui nous ouvre la voie vers la volonté à s’affranchir de l’épisode dépressif (et autres souffrances).

Bien entendu, on ne peut pas demandé à une personne déprimée de faire un effort. Je crois qu’il est d’abord primordial de lui apporter cet éclat de lucidité afin qu’elle prenne pleinement conscience de ce qu’elle traverse. Qu’elle sache qu’elle est en dépression, et ce que ça signifie.
Autrement, ce serait un peu comme exiger d’une personne qui s’enfonce dans les profondeurs de l’océan, un pied enchaîné d’un boulet, de retourner à la surface. Donnons-nous d’abord la clé qui nous délivrera du poids qui nous pèse. Ensuite seulement, nous retrouverons une certaine légèreté qui nous permettra de reprendre le dessus.

Pleine conscience de la situation et de ses émotions

Si j’avais su tout ce que la méditation de la pleine conscience m’apporterait… Si j’avais su, le jour où j’ai posé la main sur ce livre, « Méditer, jour après jour »,  toute la force qu’il m’insufflerait dans les profondeurs mêmes de l’adversité ! Je pense que je ne l’aurais pas cru. Et pourtant, elle m’a de nouveau grandement aidé.

Car la volonté dont je parle plus haut à me libérer de mes souffrances n’est autre que la force de l’ACCEPTATION. Une force insoupçonnable que j’ai révélé par ma pratique de la pleine conscience. En effet, l’acceptation est la volonté à se libérer des causes de ses souffrances.

Ainsi et de manière soudaine, l’éclat de lucidité issue de ma prise de conscience a ranimé ma volonté. Et aussi instinctivement, je me suis interdit de subir mes émotions.

Je me suis ressaisis et j’ai fait un effort pour pratiquer à nouveau et régulièrement la méditation de la pleine conscience.

« Et souvent, l’acceptation fait le ménage, on arrête de se battre contre des choses vis-à-vis desquelles ont est impuissant, et tout d’un coup, tout ce que l’on portait de bon peut enfin s’exprimer. »

~ Christophe André, Trois amis en quête de sagesse ~

Pratiquer la méditation de la pleine conscience, c’est se poser, adopter une posture confortable et exercer son esprit, en vue d’être dans la conscience de ses émotions, plutôt que d’être le noyé qui se laissent submergé.

Quelles sont ses émotions que je ressens  ? Comment se manifestent elles dans mon corps et dans mon esprit ? Quelles sont les sources dans lesquelles elles puisent leur énergie destructive ?

Loin d’être évident, divaguant, par moment, et inévitablement, dans mes pensées ; l’effort demande à se recentrer sur l’exercice, à se focaliser sur son souffle dans un premier temps, puis à replonger dans la conscience quand on s’en sent capable.

Les premiers jours, mes méditations n’étaient pas très concluantes. Mon esprit était sans cesse inhibé par mes ruminations, comme absorbé par un trou noir qui exerce un attrait dont il est impossible de se défaire. Il me fallait constamment me recentrer sur mon souffle. J’étais incapable de me livrer totalement à l’exercice.

J’ai néanmoins persévéré dans mes efforts et, progressivement, je me suis éloigné du gouffre. Jusqu’à trouvé suffisamment de calme pour me plonger au cœur de l’exercice. C’est à dire, être dans la conscience de mes émotions.

Se faire aider, tendre à la main

Il serait invraisemblable et quelque peu malhonnête de prétendre m’en être sorti tout seul. Bien sûr, la méditation de la pleine conscience est une aide précieuse. Non pas seulement dans la pratique, en soi, mais aussi dans l’esprit lucide et d’acier que l’on parvient à forger au fil du temps.

Aussi, je dois reconnaître que je ne me sens extrêmement reconnaissant à l’égard de ma meilleure amie. Sans laquelle je n’en serais probablement pas là aujourd’hui.

Et pour peu que l’on ai la lucidité suffisante pour ne pas se laisser sombrer dans l’isolement, cette expérience me faire réaliser à quel point il est important de tendre la main à un(e) ami(e), un proche, sinon un professionnel de la santé.

Merci à elle du fond du cœur, si jamais elle passe par là 😭🙏😊

J’espère que cette expérience vous aura inspiré et aidé, ne serait-ce qu’un petit peu 😁. Dans mon prochain article, je vous partagerai « 4 mots clés pour affronter l’adversité », mais aussi un nouvel article également inspiré de cette expérience et sur laquelle débouche en partie l’épisode dépressif, à savoir « l’évolution vers une meilleure version de soi. ».

~ D’ici là, je vous souhaite de belles aventures ! ~

Archives

Catégories

Articles récents

Ma gallerie Instagram

Par |2019-09-03T19:40:13+01:00septembre 3rd, 2019|Hypersensibilité|0 Commentaires

Au sujet de l'auteur

Je suis Nicolas, un introverti hypersensible en perpétuelle quête de soi et de son bonheur.🌱 J’ai amplement progressé suite à la découverte de ma nature introvertie, puis de mon hypersensibilité ; après de nombreuses années en amont à surmonter un manque de confiance en soi et à m'interroger sur ma "différence". Mais depuis 4 ans maintenant que je me passionne pour le connaissance de soi et des autres, depuis 2 ans que je pratique la méditation de la pleine conscience et me ressource en montagne, je n'ai jamais été aussi épanoui ! C’est pourquoi je vous partage ici mes aventures dans une optique de développement personnel, inspirée de ma pratique de la pleine conscience et de mon lien étroit à la montagne, afin de tirer le meilleur de nous même :)

Laisser un commentaire

Résoudre : *
26 ⁄ 13 =