Être hypersensible : qu’est-ce que ça signifie réellement ? L’hypersensibilité est exposée à beaucoup d’idées reçues et clichés en tout genre, peut-être plus encore que l’introversion. L’hypersensibilité n’est pas une fragilité, c’est sa confrontation à la société moderne qui explique qu’il est parfois difficile pour un·e hypersensible de bien la vivre. Elaine Aron, tout particulièrement reconnue pour sa spécialité vis à vis de l’hypersensibilité et Saverio Tomasella, qui a aussi publié de nombreux contenus à ce sujet, nous apportent une définition claire et précise de l’hypersensibilité.

Quelle est la juste définition de l’hypersensibilité ?

1 – Une sensibilité extrême sur tous les sens

Être hypersensible – ou individu « hautement sensible » pour reprendre les mots précisément employés par Elaine Aron – c’est percevoir des degrés de stimulation qui échappent aux autres. En d’autres termes, c’est témoigner d’une sensibilité extrême sur au moins un des cinq sens : l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et la vue (cela varie d’un hypersensible à un autre, d’où parfois des témoignages qui divergent à ce sujet dans l’intensité des ressentis).

« Les hypersensibles sont capables de ressentir des degrés de stimulation qui échappent aux autres, qu’il s’agisse de lumières ou de sons subtils, ou encore de sensations physiques telles que la douleur. » Elaine N. Aron, Hypersensibles, Mieux se comprendre pour s’accepter.

Ainsi une personne hypersensible va réagir plus fortement qu’une personne moins sensible face à un même stimuli. D’où le fait qu’on soit souvent sujet à la « surstimulation ». Concrètement, on peut être du genre à sursauter à cause du sirène d’ambulance, témoigner d’une intolérance à certains bruits et percevoir des sons subtils qui échappent aux autres, être gêné par un simple effleurement et au contraire nous mettre dans tous nos états suite au touché d’une personne qu’on aime, ou qu’on admire ; ne pas supporter certains éclairages ou se délecter d’une lueur délicate…

Saverio Tomasella, psychanalyste et écrivain français, nous rappelle qu’on retrouve également chez la plupart des hypersensibles certaines caractéristiques communes : émotivité, empathie, intuition et créativité.

2 – Introverti·e ou extraverti·e ?

On sait que 70% des hypersensibles sont introverti·e·s, ce qui laisse 30% d’extraverti·e·s. Les tendances comportementales et cognitives ne sont pas du tout les mêmes suivant qu’on est introverti·e ou extraverti·e, car cela définit une orientation de l’énergie différente. Pour bien le comprendre, je t’invite à lire mon article « Introversion : la définition psychologique en 3 points »


« La sensibilité n’est pas fragilité. C’est l’incapacité de rester superficiel. C’est aller toujours en profondeur, dans les personnes, dans les choses, dans les émotions.
»
Serena SANTORELLI

3 – Nuances, détails et profondeur

Saverio Tomasella souligne également que les hypersensibles tendent à une sensibilité aux moindres détails. Notamment dans le sens des choses et des mots.

Personnellement, j’attribue beaucoup d’importance aux mots que j’emploie et pour ainsi à leur signification, à leur justesse… L’hypersensible, c’est typiquement ce genre de personne qui peut avoir retenu UN MOT en particulier dans les propos de son interlocuteur·trice et y revenir un peu plus tard en mode : « oui, mais l’autre jour, tu as dis… ». Or on en oublie souvent que beaucoup de gens emploie des mots et leurs synonymes sans en discerner les différences dans leur signification.

Enfin Serena Santorelli nous donne une magnifique définition de l’hypersensibilité, à savoir : « une tendance à aller en profondeur dans les choses, dans les personnes et les émotions ». La notion de profondeur est très caractéristique. On aime les conversations profondes et approfondies, stimulantes intellectuellement, les relations profondes plutôt que superficielles, et qui durent sur le long terme…

Un autre mot très parlant pour les hypersensibles : nuance. D’abord dans le panel des émotions que l’on peut ressentir. En effet, Saverio Tomasella observe que les hypersensibles ressentent un plus grand nombre d’émotions. J’ai aussi ressenti assez tôt que mes émotions pouvaient être très nuancées, si bien qu’il est parfois très difficile de les nommer !

4 – Émotivité

On est souvent qualifié d’éponge émotionnelle en raison de notre forte émotivité, quoique les mots sont quelque peu inappropriés à mon sens – on absorbe pas nécessairement les émotions des autres.

Effectivement, la plupart des hypersensibles éprouvent des émotions très fortes et c’est aussi la raison pour laquelle beaucoup ont du mal à les gérer. Malheureusement, notre éducation ne nous apprend pas à cerner nos émotions. Aussi, il peut-être intéressant en tant qu’hypersensible de développer son intelligence émotionnelle. C’est à dire notre capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser nos émotions.

De plus, la forte émotivité ne traduit pas seulement une intensité plus grande des émotions. Comme souligné plus haut, Saverio Tomasella observe que les hypersensibles ressentent également un plus grand nombre d’émotions.

5 – Empathie

L’empathie est probablement l’un des premiers mots qui nous vient à l’esprit quand il est question de nous décrire. Une grande empathie contribue effectivement à alimenter nos émotions et s’avère extrêmement favorable à une relation durable, stable et dans l’écoute. Elle nous permet de mieux comprendre l’autre et ainsi davantage répondre à ses besoins. Mais contrairement aux idées reçues, l’empathie ne fait pas des hypersensibles des personnes qui s’émeuvent sur tout et n’importe quoi.

« L’empathie, c’est la capacité d’écouter et de ressentir le point de vue des autres, de chercher à le comprendre et de le respecter, même si l’on n’est pas totalement d’accord avec eux » – L’estime de soi, Christophe André et François Lelord.

Aussi, on ne subit pas nécessairement son empathie, même si beaucoup témoignent de difficultés à la gérer. Une nouvelle fois, la négligence de l’intelligence émotionnelle au sein de notre système éducatif engendre des lacunes. Mais une capacité est quelque chose de maitrisée. De plus, la sensibilité de chacun – j’entends pas là, ce à quoi on est sensible ou pas du fait de notre personnalité, de notre culture etc… – fait qu’on peut être très empathique et ne pas être touché pour autant par un sujet donné, là où une personne moins sensible pourrait s’émouvoir.

6 – Intuition

« Cette sensibilisation accrue au monde subtil fait de nous des êtres très intuitifs, qui traitent les informations de manière semi-conscience, voire inconsciente. […] En outre, ce traitement plus approfondi des détails subtils nous incite à nous interroger davantage sur le passé ou l’avenir. Nous savons pourquoi la situation a évolué de telle ou telle manière, nous savons ce qui va arriver. C’est ce sixième sens dont on parle tant. » Elaine N. Aron, Hypersensibles, Mieux se comprendre pour s’accepter.

L’hypersensible témoigne bien souvent d’une intuition, voire d’une lucidité extrême, qu’on qualifie aussi de “sixième sens”.

« L’intuition est un mode de connaissance, de pensée ou jugement, perçu comme immédiat. Le domaine de l’intuition est large : il concerne aussi bien la connaissance proprement dite (représentation du monde) que les sentiments (sur les choses) ou les motivations (à agir). L’intuition serait le fait de pressentir ou comprendre quelque chose sans analyse ni raisonnement. » – wikipédia

L’intuition est notre meilleure guide quoiqu’elle soit pas très valorisée par notre société (qui préfère un fondement très rationnel). Je crois qu’il est essentiel de savoir la reconnaître et, plus encore, de l’écouter. Je suis infiniment plus épanoui depuis que je fais confiance à mon intuition. L’intuition est une connaissance comme une autre, souvent acquise inconsciemment, notamment par notre sens aigu de l’observation.

7 – Créativité

Les hypersensibles éprouvent un besoin important de développer et d’exprimer leur créativité. Il n’est pas rare qu’une personne hypersensible s’intéresse à tout ce qui gravite autour de l’art, de l’esthétisme, de la philosophie, du concept intellectuel d’une œuvre…

« Être émerveillé part l’art traduit une sensibilité affûtée », peut-on lire dans Psychologies magazine n°411. Aussi, la curiosité, l’intérêt pour les émotions, la souplesse de la pensée, la rapidité dans les idées, le goût pour la complexité, rêver pour imaginer d’autres perspectives, d’autres logiques… sont autant de témoins d’un esprit créatif.

Par ailleurs et à mon sens, notre sensibilité (notamment sensorielle) élevée et la forte émotivité qui l’accompagne sont telles qu’elles suscitent le besoin de l’exprimer, entre autres par l’art, l’écrit etc… et dans tout cela, la quête la créativité émerge de l’intérêt et du désir d’exprimer plus justement ou avec davantage de substance ce que l’on ressent.

Vous l’aurez compris, l’hypersensibilité implique un rapport différent au monde et aux autres. Ceci étant dit, on pourrait en dire long sur l’hypersensibilité ! Je pense que cet article apporte l’essentiel et que je donnerai plus de détails dans d’autres articles 🙂

Pour en savoir plus sur ton hypersensibilité et tes qualités à titre d’hypersensible, je t’invite à lire l’article suivant : 9 supers-pouvoirs d’un homme super-sensible !

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