Quand il est question d’introversion, les généralités et interprétations en tout genre foisonnent sur le net, et les stéréotypes sont encore fortement ancrés dans l’inconscient collectif. Voici 10 des idées reçues, clichés et mauvaises interprétations les plus répandues.

#1 Les introverti·e·s sont moins sociables que les extraverti·e·s

Compte tenu de notre culture de la personnalité, on a décrété que sociable = extraverti. En effet, Susan Cain démontre que notre culture fait amplement l’éloge de l’extraversion et lui attribue de nombreuses vertus, là où l’introversion est souvent dévalorisée. C’est pourquoi dans l’inconscient collectif, l’extraverti est plus sociable que l’introverti.

Bien sûr, on peut supposer qu’un introverti est moins à l’aise dans l’interaction sociale puisque, au vu de sa préférence pour le calme et la solitude, il ferait moins l’expérience d’aborder des inconnus. Néanmoins, nos aptitudes sociales ne découlent pas de ce seul facteur et la sociabilité ne se définit pas uniquement par l’aisance à aller vers les autres.

D’une part, indépendamment de notre degré d’introversion, nos aptitudes sociales sont étroitement liées à notre personnalité et à notre éducation parentale. Ainsi la personnalité INFJ est connue pour être très sociable : elle s’adapte, elle est très ouverte et réceptives aux nouvelles rencontres… Et pour ainsi dire, un introverti ayant été habitué à côtoyer du monde développera une plus grande aisance.

D’autre part, nous témoignons de manières différentes d’être sociables. L’introverti, ayant moins besoin d’interaction sociale qu’un extraverti, préfère une approche plus qualitative. Ces relations amicales seront moins nombreuses et il penchera pour des soirées en petits comités, mais ses liens d’amitié seront plus solides et durables dans le temps. À l’invers l’extraverti a une approche plus quantitative.

#2 Les introverti·e·s réservés, détaché, replié sur soi et les extraverti·e·s exubérant, impulsif et désordonné.

L’introversion et l’extraversion ne sont pas des personnalités en soi, mais des traits de personnalités. Nuance. En ce sens, un·e introverti·e n’est pas nécessairement discret·e, réservé·e et détaché·e, de même qu’un·e extraverti·e ne s’avère pas à tous les coups exubérant·e, impulsif·ve et désordonné·e. Si certaines généralités semblent relativement justes dans la plupart des cas, n’oublions pas que nous avons toutes et tous une personnalité, ainsi qu’une sensibilité différente ! Sans parler de l’influence de notre vécu, de notre culture et de notre éducation…

« Il y a des extravertis calmes ou au contraire anxieux et impulsifs comme il y a des introvertis prudents et réservés, mais aussi anxieux, des extravertis timides, comme Barbra Streisand qui dit souffrir terriblement du trac, ou des introvertis décidés, comme Bill Gates, qui aime la solitude mais ne redoute pas le jugement des autres. Il reste qu’en matière de tempérament, c’est le nord et le sud, comme l’affirme un scientifique cité par l’auteure et que notre position sur l’échelle introversion-extraversion influe sur « nos choix amicaux et amoureux, sur notre manière de mener une conversation, de résoudre nos différents et d’exprimer notre amour ».»

Par définition, tel que je l’explique plus en détail dans mon article « Introverti·e : la définition psychologique en 3 points » : introversion et extraversion sont une orientation de l’énergie.

Autrement dit, un·e introverti·e peut aimer faire du théâtre ou apprécier s’affirmer dans un groupe et adopter une posture de leader, de même qu’un·e extraverti·e peut s’exprimer calmement et faire preuve de discrétion. J’ai connu les deux cas ! Suivant nos personnalités, on est animés par des passions, et motivations diverses et variés.

Le MBTI démontre à lui seul que les personnalités introverties diffèrent grandement les unes des autres !

#3 Parfois je suis introverti·e, d’autres fois extraverti·e, ça dépend !

Toi aussi tu t’es déjà dit que certains jours tu étais introverti·e, et à d’autres moments, plutôt extraverti·e ? À moins que tu ne sois ambiverti·e, par définition, cela revient en quelque sorte à reconnaître des troubles de l’ordre psychique.

En réalité, on fait la confusion entre l’introversion et l’humeur, ou l’ouverture. Suivant notre état de fatigue, ou selon qu’on s’est levé du mauvais pieds, on est plus ou moins ouvert à l’idée de côtoyer nos semblables. C’est le propre de l’humeur. Rien à voir avec l’introversion.

#4 Avant j’étais introverti·e, aujourd’hui je suis extraverti·e.

D’une manière analogue, on peut penser être devenu·e plus extraverti·e au fil des ans, parce qu’on serait plus ouvert·e, moins timide, plus à l’aise avec les gens… Or l’introversion est innée.

Il s’agit bien souvent d’une interprétation d’un gain en assurance qui peut simplement provenir de l’âge et donc en un sens de l’expérience. De même, la timidité, qui n’a strictement rien à avoir avec l’introversion, peut s’estomper avec le temps. Quant à l’aisance avec les autres, nous avons démontré plus tôt qu’elle ne reflète pas notre introversion.


#5 Les introverti·e·s sont timides

Sans revenir sur l’explication donner au point 2, la timidité n’a rien en commun avec l’introversion.

La timidité est une phobie sociale, qui peut survenir entre autres suite à un traumatisme durant l’enfance. La timidité peut-être guérie et se dissiper avec le temps, à mesure de travailler sur soi ou à l’aide d’un accompagnement. L’introversion n’est pas quelque chose à guérir. L’introversion ne régit pas non plus un manque d’aisance sociale, et encore moins une peur d’aller vers les autres ! Encore une fois, nos aptitudes sociales sont indépendantes de notre degré d’introversion.

Sans doute, parce qu’un·e introverti·e a moins besoin d’interaction sociale et s’oriente davantage vers son monde intérieur, une certaine discrétion laisse penser qu’il est timide. Mais ce sont là aussi, deux choses très différentes.

#6 Les introverti·e·s n’aiment pas parler

Il y a une certaine logique à ce qu’on parle moins qu’une personne extravertie, puisqu’on en aurait moins besoin. Néanmoins cela ne veut pas dire qu’on aime pas parler. Le plus souvent, nous ne sommes tout simplement pas emballés par le sujet de conversation. On dit vrai quant au fait que les conversations sur la pluie et le beau temps nous ennuient ! Les introverti·e·s ont tendance à préférer les conversations approfondies, stimulantes intellectuellement parlant. Ou bien nous préférons écouter, ce qui peut-être plus plaisant encore que de parler.

Aussi, pour peu qu’on aborde un·e introverti·e sur un sujet qui l’intéresse, il/elle peut s’avérer très bavard·e et passionné·e ! C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle, au premier abord, un·e INFJ peut paraître extraverti·e.

#7 Les introverti·e·s sont passifs

Certes, la plupart des introveti·e·s ne sautillent pas de joie dans tous les sens, de même qu’ils ne crient pas leur bonne humeur sur tous les toits ! De manière générale, les extraverti·e·s tendent à être plus expansif·ve·s. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’une personne introverti·e est passive.

Un·e introverti·e se montrera beaucoup plus expressif·e et animé·e en présence de personnes qu’il/elle aime, et avec lesquelles il/elle se sent à l’aise. Entouré·e d’ami·e·s, un·e introverti·e peut être carrément très volubile ! Aussi, nous avons notre manière tranquille et posé·e de nous consacrer à une activité. À vrai dire, on peut-être introverti·e et bouillonné de l’intérieur ! Notamment si on est également Hypersensible. Ce qui s’apparente davantage à une forme de retenue. Car il faut ajouter que dans la plupart des cas, nous n’apprécions pas spécialement d’attirer l’attention. À l’inverse, une attitude trop expansive peut nous paraître gênante, voire égocentrique.

#8 Les introverti·e·s sont méprisants

Une connaissance m’a avoué une fois m’avoir perçu comme méprisant au premier abord. Là où beaucoup d’autres m’avaient trouvé tout simplement discret ou détaché.

Certain·e·s personnes, notamment parce qu’elles manquent d’estime de soi, interprètent la discrétion ou le détachement comme du mépris (qui est une forme de rejet).

Un·e introverti·e tend naturellement à prendre ses distances à l’égard d’un·e inconnu·e. Ce n’est pas du mépris, simplement du détachement ou de la prudence. Sans doute, certain·e·s extraverti·e·s ne comprennent pas que d’autres ne se précipitent pas à leur rencontre, et puissent avoir en un sens un fonctionnement différent du leur.

Une personne introvertie a besoin de plus de temps pour accorder sa confiance et comme nous l’avons vu plus tôt, son approche amicale est plus qualitative que quantitative. Il ne verra pas nécessairement d’intérêt à aborder quelqu’un s’il n’a pas le pressentiment que cela peut aboutir à une amitié sincère et durable.

#9 Les introverti·e·s n’ont pas d’humour

Personne n’est sans savoir que l’humour est très subjectif, mais pour peu qu’on soit identifier comme introverti·e, on met sur le dos de notre introversion la raison d’un différent en termes d’humour.

Cependant il n’est pas improbable qu’une personne introverti·e apprécie l’humour différemment d’une personne extraverti·e. On peut supposer qu’un·e introverti·e préférera un humour plus subtil ou recherché, puisque les introverti·e·s tendent à être plus réfléchi·e·s. Les extraverti·e·s, quant à eux davantage spontané·e·s, s’adonneraient à un humour plus simple puisque plus rapide à déployer. Une éventuelle généralité qui peut expliquer un certain décalage.

Autrement, cette impression que l’on renvoie est sans doute également liée au fait qu’un·e introverti·e s’avère relativement discret·e. Là où un·e extraverti·e sera plus bruyant·e dans sa manière de rire.

#10 Les japonais sont introverti·e·s, les américains extraverti·e·s

Il ne faut pas confondre la conduite ou l’attitude d’une personne qui découle de sa culture et de ses traditions, avec son orientation en termes d’énergie (introversion/extraversion). Il paraît invraisemblable que la population soit clairement plus introverti·e dans un pays plus qu’un autre ! Encore une fois, on juge beaucoup sur les apparences et par nos idées reçues. On sait qu’une personne sur deux est introverti·e et jusqu’à preuve du contraire, cette donnée ne varie pas géographiquement parlant. Aussi, pas étonnant qu’on dise que les américains soient extraverti·e·s, puisque la culture de la personnalité extraverti·e a émergé en Amérique ! Ainsi beaucoup d’américains introverti·e·s ont très certainement, et plus ou moins inconsciemment, adopté un tempérament qui s’apparente à celui d’un·e extraverti·e. C’est aussi ce qui se produit en France : par peur d’être jugé·e, on se la joue extraverti·e. On se force à participer à des soirées, on s’efforce d’être volubile et à l’aise avec des inconnus… Bref, on ne mesure pas la nature introverti·e d’une personne par son attitude, mais par sa tendance à préférer le calme et la solitude, ou bien l’interaction notamment avec de grands groupes de personnes.

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