Être introverti·e : qu’est-ce que ça signifie réellement ? On entend de plus en plus parler d’introversion. Ce qui en soi est une bonne chose. Néanmoins on tend encore beaucoup aux généralités et aux interprétations en tout genre. Parfois même les dictionnaires en ligne se mêlent les pinceaux dans des synonymes qui ne font aucun sens… Aussi la notion d’introversion/extraversion semble encore bien méconnue du grand public, qui se l’approprie avec beaucoup d’idées reçues. C’est pourquoi je vous propose dans cet article d’explorer la définition telle qu’elle nous est donnée par Carl Jung.

Quelle est la juste définition de l’introversion ?

1 – Une orientation de l’énergie

Tu reconnais la personne sur l’image au dessus ? La notion d’introversion/extraversion a été introduite pour la première fois en 1913 par le psychiatre suisse Carl Jung, pionnier de la psychologie analytique et penseur admirable à mon sens. Ainsi Susan Cain nous en rappelle la définition dans son livre « La force des Discrets » :

« Il définit ces deux « attitudes de personnalité » comme étant une orientation de l’énergie, deux modes d’adaptation psychologique qui colorent les quatre fonctions – pensée, sensations, intuition, ressenti. »

Cette orientation de l’énergie tel qu’en parle Carl Jung est fondamentale dans le sens où elle explique le plus justement possible la notion d’introversion/extraversion. Ainsi une personne introvertie se ressource davantage dans le calme et la solitude, tandis qu’une personne extravertie fait son plein d’énergie dans l’interaction avec le autres, et dans des environnements plutôt bruyants.

Et voilà ! Si vous avez compris cela, alors vous avez tout saisit de ce qu’est l’introversion ou l’extraversion.

2 – Un regard porté sur son monde intérieur

Susan Cain poursuit ses explications comme suit :

« Les introvertis sont principalement centrés sur leur monde intérieur, n’accordant au monde extérieur qu’une importance secondaire. Tandis que les extravertis attribuent la plus grande importance au monde extérieur : ils aiment les groupes, s’y sentent dans leur élément et s’y affirment avec bonheur. Ces derniers préfèrent avoir des contacts nombreux tout au long de la journée, se sentent mal s’ils restent trop longtemps isolés. S’ils doivent passer des heures dans une ambiance animée, éventuellement bruyante, ils en sortent plein d’énergie. »

Cette idée d’être davantage tourné vers son monde intérieur/extérieur reflète assez bien la notion d’introversion/extraversion. Mais rien ne vaut la définition même de Carl Jung en termes d’énergie puisque, là aussi, on tend déjà selon moi à l’ambiguïté.

Ce qu’il faut entendre par là, c’est que les introverti·e·s vont davantage tendre à se consacrer à des activités solitaires, à aimer l’introspection, à se livrer à la solitude comme lieu de quiétude et de créativité. Il n’est aucunement question d’être asocial·e, ni même tout simplement moins sociable qu’un·e extraverti·e. Pour bien le comprendre, j’ai rédigé cet article : « Les Introverti·e·s, pas moins sociables que les autres ! »


« La solitude est essentielle et pour certaines personnes, elle est l’air qu’elles respirent. »
Susan CAIN

3- Une notion de degré

Si tu connais le test des 16 personnalités (MBTI), peut-être as-tu remarqué que ce dernier te situe en termes d’introversion et extraversion à l’aide d’un pourcentage.

En effet, Carl Jung nous dirait que personne n’est 100% introverti·e ou extraverti·e. Ce qui signifie que même le plus grand des introverti·e·s à sa part d’extraversion.

Aussi, on qualifie d’ambiverti·e·s ces personnes qui sont tout bonnement incapable de situer vers un extrême plutôt qu’un autre, du fait qu’elles se reconnaissent dans les deux.

Et voilà ! Inutile d’en rajouter au risque d’émettre des généralités ou des observations superflues.

4 – Un trait de personnalité inné

On ne devient pas introverti·e ou extraverti·e. L’introversion est innée. C’est du moins ce que démontre l’étude de Jerome Kagan, qui rejoint en quelque sorte les théories établies par Hans Jürgen Eysenck, ainsi que les observations de Susan Cain : lesquelles concluent sur des origines génétiques à l’introversion. Aussi, on ne peut pas dire qu’on est plus introverti·e un jour, plus extraverti·e l’autre jour. Il ne faut pas confondre humeur, ouverture, aptitudes sociales, timidité et introversion.

5 – Généralités, préjugés, clichés…

La plupart des descriptions qu’on peut lire ou entendre au sujet de l’introversion tendent dangereusement aux généralités. Notamment du fait qu’elles s’éloignent de la définition même de Carl Jung. C’est par exemple le cas de cette affirmation qui papillonne un peu partout sur le net : « les introverti·e·s sont réservé·e·s ». Sans parler des jugements d’une culture qui nous dévalorise « les introverti·e·s sont refermé·e·s sur eux même, asociaux, timides.. ».

Prudence à ne pas s’égarer dans les clichés, stéréotypes et préjugés inculqués par la société. L’introversion n’est pas une personnalité en soi, on ne peut pas lui attribuer des traits de caractère. Toutes les personnalités introverties sont différentes les unes des autres ! Pour mieux saisir l’introversion et la comprendre avec discernement au vu de toutes les idées reçues, je t’invite à lire mon article intitulé « Introversion : en finir avec les idées reçues. » (à venir)

Bien sûr, on peut supposer en toute logique certaines tendances générales : ainsi les introverti·e·s auraient tendance à être plus réfléchi·e·s, réservé·e·s et solitaires, par exemple. Mais les généralités sont à prendre avec des pincettes. Encore une fois, toutes les personnalités introverti·e·s existent !


Les introverti·e·s ne sont pas moins ouvert
·s au monde extérieur. Ils peuvent s’avérer très sociables, faire du théâtre, beaucoup s’affirmer…

Les dictionnaires : ces faux amis

Dans cette idée de briser les généralités, je déconseille de se fier aux dictionnaires (du moins en ligne), qui son très approximatifs, voir faux pour certains. La plupart des définitions trouvées sur le net s’apparentent à cela : « Porté à l’introversion, à vivre centré sur soi-même, ce qui, avec un repliement sur soi plus ou moins important, entraîne à se détourner du monde extérieur. »

On pourrait penser en effet que les introverti·e·s s’avèrent uniquement centrés sur eux même. Et alors il en faut peu pour établir des raccourcis : égocentré·e, asocial·e, égoïste, coupé·e du monde… De plus le repli sur soi n’a rien à voir avec l’introversion et pour ce qui est de se « détourner » du monde extérieur, le terme employé est trompeur et inapproprié.

Introverti·e, mais pas que !

Je crois qu’il est essentiel de ne pas oublier que, indépendamment de notre introversion/extraversion, chacun de nous présente une personnalité qui lui est propre. Une singularité.

Peut-être que cet article t’a aidé à comprendre ton introversion, si ce n’est à réaliser que tu es introverti·e. Mais n’oublions pas : nous ne nous définissions pas uniquement par notre introversion/extraversion.

L’introversion/extraversion est un peu comme un socle auquel vient s’ajouter beaucoup d’autres notions qui font notre singularité : nos traits de caractère, notre tempérament… ainsi que tout ce qui relève de facteurs extérieurs. À savoir notre vécu, nos expériences de vie, notre culture, les normes, nos rencontres, notre éducation… de nombreux facteurs qui vont régir quelque part nos comportements et notre attitude.

Pour ainsi dire, je pense que ce serait manquer de lucidité que d’isoler un individu dans le sens où on ne considérerait pas l’environnement dans lequel il interagit et évolue (analyse systémique) : Autrement dit, l’être humain est un système complexe qui évolue dans un environnement complexe, où il interagit avec d’autres individus tout aussi complexes.

Les 8 personnalités introverti·e·s d’après le MBTI

En partant des quatre fonctions évoquées au début de cet article, le MBTI dresse le portrait de 8 personnalités introverti·e·s : INTJ (Architecte), INTP (Logicien), INFJ (Avocat), INFP (Méditateur), ISTJ (Logisticien), ISFJ (Défenseur), ISTP (Virtuose) et ISFP (Aventurier). Je suis INFJ, et vous ?

Ces portraits sont intéressants en ce sens où ils contribuent entre autres à briser bien des idées reçues et généralités. Notamment en démontrant que bien des personnalités introverti·e·s peuvent présenter des caractéristiques qu’on aurait tendance à attribuer à des personnes extraverti·e·s : charmeur, expérimentateur hardi, chaleureux, altruiste…

La personnalité INFJ est d’ailleurs connue pour être très sociable !

J’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair ! 🙂

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