Introverti(e), appréhender les difficultés en conversation

Il semblerait que beaucoup d’introverti(e)s rencontrent des difficultés à tenir une conversation. En ce qui me concerne, c’est probablement l’une de mes plus grandes difficultés ! Ou du moins celle que je rencontre le plus souvent.

Dans cet article, nous en aborderons les principales raisons et ce qu’il faut en comprendre. On a tendance à rejeter la faute sur soi, or le problème ne repose pas nécessairement en nous. Par conséquent il peut-être utile, dans un premier temps, de prendre conscience des divers facteurs qui entrent en jeu.

Ensuite, nous verrons comment y faire face, du mieux possible néanmoins, car je ne détiens aucune solutions magiques 😉

Une confrontation entre réflexion et spontanéité

Selon moi, la première raison dans laquelle nos difficultés puisent leur source concerne la confrontation entre une nature qui a besoin de temps pour réfléchir – entre autres avant de s’exprimer FACE à une situation qui implique inévitablement de la spontanéité.

Cela paraît plutôt incompatible, n’est-ce pas ? Je pense effectivement que ça l’est. Enfin… pas pour toutes les conversations. Mais pour une conversation «ordinaire», cela ne fait aucun doute.

En ce sens, nous perdons facilement tous nos moyens. Nous n’arrivons pas toujours à suivre la conversation, ou du moins à nous y impliquer. Nous nous sentons un peu en retrait. Nous aimerions partager l’enthousiasme du groupe. Mais nous ne savons pas quoi dire…

C’est grave, docteur ?

Bien sûr que non ! Et n’allez pas consulter un médecin pour autant 😉 Comme je l’ai dit plus haut, cela fait partie intégrante de notre nature. Aussi, je l’explique un peu plus en détail dans mon article « La force cachée de la lenteur ». Vous avez peut-être déjà entendu parler de la fameuse dopamine ?

Que faire, monsieur l’aventurier ?

Pour commencer, ce qu’il ne faut pas faire selon moi : se forcer à être spontané. Ce n’est pas parce que la situation implique de la spontanéité que nous devons nous y plier.

Aussi, d’expérience et ce qui revient également de manière fréquente dans les expériences que vous partagez : le fait de tenter la spontanéité nous fait souvent dire des choses stupides. Ou bien nos propos sont illogiques et dispersés. Personne ne nous comprend et l’embarras est à son paroxysme. On se sent idiot…

En ce sens, cela est inutile si nous ne sommes pas compris. Selon moi – et tout ce que je dis n’appartient qu’à moi 😉 – mieux vaut exploiter la force de notre écoute. Nous n’avons pas besoin d’être très bavard pour être apprécié. C’est d’autant plus vrai si la personne en face aime avant tout parler.

Au delà de l’écoute, efforcez vous d’appliquer l’écoute active. C’est à dire enquêtez sur ce que l’autre vous dit, essayer de vous mettre à sa place, reformulez ses propos… La pratique de l’écoute active est difficile que l’on soit introverti(e) ou extraverti(e), mais elle nous aide à entretenir des conversations et à les approfondir.

À défaut d’être volubile, vos interlocuteurs apprécieront beaucoup de se sentir écoutés et d’avoir votre intérêt. Aussi, l’écoute active vous apportera de la matière en termes de conversation. En effet, vous serez à même de poser des questions et rebondir sur ce que l’autre vous dit. En somme, de partager une certaine complicité. Si cela est bien appliqué, je vous garanti l’efficacité ! :p

Un désintérêt pour les banalités…

J’évoquais un peu plus tôt ce que j’appelle les « conversations ordinaires »À savoir ces conversations du quotidien qui consistent à : parler pour parler, parler de tout et n’importe quoi, de la pluie et du beau temps, parler pour combler le temps… Mais avons-nous besoin de tuer le temps ? Certainement pas !

Pourquoi ce désintérêt ?

Aussi, en tant qu’introverti(e), il est fréquent que nous n’aimons pas les artifices, les bavardages, parler pour attirer l’attention. « Sinon de consacrer du temps et de l’énergie à des aspects qui ne syntonisent pas avec leur véritable essence, avec notre âme, avec notre personnalité ».

Autrement dit, nous préférons les conversations profondes. Nous aimons les sujets intellectuellement stimulants. Cela est vraisemblablement lié au fait que notre fonctionnement cérébral analyse davantage les informations qu’il reçoit. Quoi qu’il en soit cette tendance s’avère souvent vraie.

Que faire dans ce cas ?

En ce sens, le problème ne réside pas tant dans notre manque de spontanéité, mais plutôt dans le ou les sujets de la conversation. Donc à vous de décider si vous vous engagez ou non. Si vous souhaitez faire des efforts ou non. Vous n’êtes pas obligés de vous conformer à des conversations qui vous ennuient, voire vous épuisent plus qu’autre chose.

… et des intérêts restreints

Les banalités nous ennuient et, qui plus est, qui dit conversations profondes, dit sujets de conversations plus poussés. Aussi, les personnalités introverti(e)s tendent à avoir un panel d’intérêt plus restreint que leurs confrères et consœurs extraverti(e)s. Ces derniers étant bien souvent  – davantage – capables d’aborder n’importe quel sujet.

Comment explique t-on cela ?

Au vu de notre intérêt pour la profondeur, nous aimons approfondir les sujets qui nous passionnent. Or cela demande du temps et c’est pourquoi nous ne pouvons pas le faire pour un trop grand nombre de sujets.

Ainsi nous avons une connaissance plus poussée des sujets concernés. Nous sommes capables d’aller très loin dans les détails. De citer des sources pointues et recherchées. Ainsi que des références moins connues du grand public. Alors pour peu que notre interlocuteur ne se passionne pas autant que nous sur le sujet, nous avons vite fait de l’égarer ! Et nous cherchons en vain à approfondir la discussion, mais l’autre ne s’y connait pas suffisamment pour en faire de même.

Dois-je vivre seul dans une grotte ?

À titre personnel, je n’ai pas besoin de m’entourer d’un grand cercle d’amitié. En fait, la plupart du temps, nous autres introverti(e)s, nous nous contentons d’un petit comité d’amis, car nous nous ressourçons davantage dans le calme et solitude.

Par conséquent, il n’est peut-être pas utile d’insister si la personne ne partage pas nos intérêts. Pour autant, il ne nous est pas impossible de faire de nouvelles rencontres à même de partager des conversations approfondies avec nous ! 😉

Une peur et un jugement du silence

Pour toutes les raisons citées ci-dessus, pas étonnant que nous nous confrontons inéluctablement à des moments de silence. En particulier dans une conversation à deux.

Suis-je condamné à des conversations ennuyeuses ?

J’ai récemment rencontré une personne d’après un site de rencontre. J’étais très heureux de faire enfin sa rencontre. J’attendais ce moment avec impatience ! Mais j’ai manqué de conversation, notamment sur la fin. Ainsi cette rencontre a été ponctuée de silences à plusieurs reprises.

Sur le coup, j’ai ressenti beaucoup de regret. Je m’en suis voulu de ne pas avoir été capable de la faire parler plus que ça et d’alimenter davantage la conversation. Mais après y avoir bien réfléchi, je pense qu’il nous faut accueillir ces silences plutôt que de les craindre. Après tout, peut-être que leur présence est légitime et normale pour une conversation davantage «  introvertie » ?

Là encore, je citerais cet article de blog qui s’exprime avec beaucoup de justesse : « S’il y a quelque chose qu’apprécient les personnes introverties, c’est bien le fait de partager ces instants de silence. C’est de se permettre d’être soi-même sans pression, c’est d’apprécier cette simplicité authentique, reliant ainsi leur monde intérieur propre à celui de l’être aimé dans une complicité simple. »

Que faire des silences ?

C’est pourquoi je pense qu’une conversation avec des silences n’est pas un échec pour autant. Si la personne que l’on côtoie sait les apprécier, peut-être effectivement que cela peut permettre de partager une forme de complicité ? Dans ce cas, savoir les apprécier est probablement la seule chose à faire 😉

J’espère que cet article vous aura été utile ! Bien entendu, c’est plus facile à dire qu’à faire… :/ Et à ce sujet, je reconnais que je suis loin d’être exemplaire haha ! Néanmoins je suis relativement convaincu par mon appréhension de la difficulté. Il me semble que ces théories m’aident beaucoup dans la pratique.

Et vous, quelles sont vos solutions ? Votre bouée de sauvetage ? Dîtes le moi en commentaire 😀

Archives

Catégories

Articles récents

Ma gallerie Instagram

Par |2019-03-01T19:01:09+01:00février 28th, 2019|Introversion|0 Commentaires

Au sujet de l'auteur

Je suis Nicolas Peters, un introverti hypersensible en quête de soi et de notre bonheur ! J’ai amplement progressé suite à la découverte de ma nature introvertie, puis de mon hypersensibilité, après des années à surmonter un manque de confiance en moi. À présent je pratique la méditation et j’ai envie de vous aider. C’est pourquoi je vous partage mes méditations que je destine aux introvertis et aux hypersensibles afin de tirer le meilleur de vous même : voir mon blog aventurier-introverti.fr :)

Laisser un commentaire

Résoudre : *
6 + 8 =