Surmonter le sentiment de solitude : Introverti(e) et INFJ

À en croire une étude de l’institut BVA, près de 40% de Français seraient confrontés à une expérience « personnelle » de la solitude. Les jeunes représentant 60% d’entre-eux. Je me demande quels seraient les chiffres suivant que l’on est introverti(e) ou extraverti(e)…

Pour ma part, je me suis rarement senti seul. Ou bien cela m’est davantage arrivé alors que j’étais entouré d’un nombre non négligeable de personnes… Néanmoins, je dois reconnaître une expérience récente d’un sentiment de solitude, dont j’ai encore un peu du mal à me défaire à l’heure même où j’écris ces lignes. À vrai dire, je rencontre rarement autant de difficulté à traiter un sentiment ou une émotion, disons de tristesse.

Malgré tout, je continue de travailler sur moi et j’en ai déjà tiré bien des leçons, que j’aimerais partager avec vous. En fait, quelque part, contrebalancer un sentiment de solitude, cela passe aussi par l’écriture et en ce sens le partage.

Insatisfaction et frustration sociale

«Les relations profondes me manque, mes relations sociales me paraissent si creuses…»

Depuis quelques années que je considère plus sérieusement mes relations sociales, je réalise combien sont rares les relations où je m’épanouis vraiment. En fait, je crois que cette problématique concerne tout particulièrement les INFJ.

En effet, du fait que nous sommes très sociables, beaucoup de gens nous abordent naturellement. Malgré nous, nous tissons facilement de nouvelles amitiés. Des amitiés – ou du moins des connaissances – que nous n’avons, en fin de compte, pas réellement choisi.

Ainsi, j’ai pris conscience que je côtoyais souvent des personnes avec qui je n’avais pas tant de discussions intéressantes. Pour cela, il suffit de se poser et de prendre du recul sur nos expériences passées avec une personne donnée pour se demander :

Est-ce que je prends réellement du plaisir à échanger avec lui/elle ? Est-ce que je me sens écouté ? Est-ce que lui/elle témoigne d’un intérêt en me posant notamment des questions ? Est-ce que j’ai l’occasion de parler de ce qui me tient à cœur ?

Sans doute les plus sociables d’entre nous peuvent éprouver de la frustration à côtoyer des personnes avec qui nous avons finalement peu en commun. C’est d’autant plus vrai que notre nature introvertie tend à engendrer à fort intérêt pour des conversations intellectuellement stimulantes.

Par ailleurs, à titre d’introverti(e), notre sens de l’écoute peut-être tout particulièrement apprécié… à commencer par les plus bavards. En ce sens, je réalise parfois que j’écoute bien davantage que je ne parle, voire ne trouve pas le moindre instant pour m’exprimer.

Ma leçon

Beaucoup d’insatisfaction, en somme. Mais je crois que la prise de conscience qui en découle est un premier pas vers l’épanouissement 🙂

Car, bien entendu, cette prise de conscience ne doit pas nous encourager à nous en lamenter, mais au contraire devrait nous inviter à développer la qualité de nos relations.

C’est à dire à privilégier les retrouvailles avec des amis qui ont une réelle valeur à nos yeux. Puis être plus attentif dans nos nouvelles rencontres à développer des relations avec des personnes qui nous inspirent réellement confiance. À nous orienter vers des personnes en qui nous voyons de potentiels amis, des vrais.

La difficulté à nouer de nouvelles amitiés

« Je voudrais nouer de nouveaux liens, mais plus facile à dire qu’à faire… »

En conséquence du point précédent, j’ai ressenti le besoin de nouer de nouvelles amitiés. Rencontrer des personnes avec qui je partagerais davantage…

Mais pour nous autres, introverti(e)s, il peut-être plus difficile de créer ces occasions. Du fait que nous nous ressourçons dans le calme et la solitude, pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes guère accoutumés aux soirées en tout genre où les opportunités seraient plus nombreuses que dans le calme de notre chambre.

En ce qui me concerne, je me consacre essentiellement à des activités en solo, sinon je fréquente quelques uns de mes meilleurs amis. Donc, déjà, la question s’est posée : où trouver l’occasion de rencontrer des personnes qui me ressemblent tout en étant à mon aise ?

Grand vide…

La réponse n’est pas évidente. Sans parler du fait que le nouveau tend à m’angoisser et que je me sens mal à l’aise avec des inconnus. Puis je suis très timide de nature. Plutôt paradoxal sachant que par ailleurs je suis très sociable… Peut-être que vous vous reconnaitrez également sur ce point si vous vous identifiez comme INFJ. Ils sembleraient en effet que les INFJ soient très exposés au stress social et l’anxiété, malgré notre caractère très sociable.

Ma leçon

Mon premier réflexe a été d’expérimenter les sites de rencontre. Aujourd’hui, internet regorge d’applications et de sites en tout genre. Lesquels suggèrent notamment des profils suivant nos affinités. Bon, c’est plus ou moins concluant. Beaucoup d’entre-eux fonctionnent encore un peu trop, à mon goût, à « la photo ». Mais les sites ont l’avantage de nous offrir le confort apporter par l’écriture.

Là aussi, je suis certain que plus d’un(e) INFJ préfère l’écriture à une rencontre physique.

D’autant plus que nous avons tendance à nous avérés être de très bons communicants à l’écrit. Ce support nous laisse le temps d’analyser la personne, d’évaluer si elle nous intéresse réellement, de mesurer nos propos et de réfléchir avant de nous exprimer… Les avantages sont nombreux !

Mais la meilleure des solutions repose probablement dans les amis de nos amis. On dit souvent que les amis se ressemblent. C’est vrai ! Ainsi par le biais d’un(e) ami(e), et plus encore s’il s’agit de notre meilleur(e) ami(e), alors il n’est pas rare de rencontrer une personnalité qui s’apparente tout particulièrement à la notre.

Enfin, les lieux de rencontres les plus propices à l’amitié sont probablement ceux du quotidien : l’école et/ou notre lieu de travail.

En ce sens, peut-être nous faut-il faire davantage d’efforts pour aller vers les autres plutôt d’attendre que ce soient eux qui viennent à nous. Et si nos confrères et consœurs introverti(e)s comme potentiels ami(e)s ne sont pas les plus bavards, alors faisons l’effort de créer la conversation 😉

Et à mes confrères et consoeurs INFJ, j’ai envie de dire : servons nous de notre potentiel sociable et de nos éventuels habilités en termes de communication pour aller vers ces personnes qui nous intéressent et développer avec elles des affinités :p

Le sentiment d’étrangeté

« Je me sens si différent, comme si ma singularité était une impasse à l’épanouissement en société. »

D’après le MBTI, la personnalité INFJ : « est très rare et constitue moins de un pourcent de la population ». Bien entendu, il n’est pas question de s’en vanter d’une manière ou d’une autre. Mais le fait est que nous pouvons nous sentir « trop » différent des autres.

À titre personnel, c’est l’une des problématiques que j’ai rencontré :

Un sentiment d’étrangeté tel que je rêve parfois d’avoir une planète pour moi tout seul. Le problème, c’est que l’on peut difficilement concilier cela au besoin de s’épanouir dans nos relations sociales et amicales.

En fait, parfois, je me sens si singulier, si étranger à ce monde, que j’en viens à me convaincre qu’il est improbable de rencontrer quelqu’un qui me ressemble…

Ma leçon

En soi, tant mieux si nous nous sentons différent des autres ! Pour ma part, au fond, je ne souhaite pas ressembler à tout le monde. J’aime me démarquer, exprimer une personnalité qui m’est propre et ne pas oublier que j’ai ma singularité.

Aussi, ce sentiment est tout à fait d’actualité pour bien des introverti(e)s, au vu d’une société qui fait l’éloge de la personnalité extravertie, tandis que la personnalité introvertie se voit dévaloriser. J’ai souvent abordé le sujet sur mon blog par le biais de ma lecture de Susan Cain et nous sommes de plus en plus nombreux à relever cette pathologie sociétale.

Par conséquent, il n’est pas rare de se sentir seul en tant qu’introverti(e), et de s’interroger sur notre place dans un monde qui ne semble pas fait pour nous :

Sachez néanmoins faire la différence entre vos atouts et ceux valoriser par la société. Apprenez à vous connaître et à révéler vos forces.

Enfin, savoir que beaucoup d’autres comme nous peuvent éprouver un sentiment similaire ; quelque part, cela peut nous aider à nous sentir moins seuls.

L’âme sœur ou le/la meilleur(e) ami(e), une illusion ?

« Je cherche l’âme sœur, en vain… Il semblerait que je soi seul dans ma singularité. »

Cela rejoint étroitement mes deux précédents points au sujet de la difficulté à rencontrer les bonnes personnes associé au sentiment d’étrangeté. J’ai effectivement expérimenté les sites de rencontre, et cela n’a pas été très concluant. Les messages qui aboutissent à des conversations intéressantes – ou à des conversations tout court, en fait… – sont très rares.

Cependant j’ai tout de même eu l’occasion de rencontrer une personne après 5 mois à échanger par sms. L’objectif de départ étant plutôt de rencontrer une très bonne amie, j’ai fini par y voir une potentielle âme sœur.

Alors je m’attendais à un très bon feeling. Car on se rejoignait beaucoup dans notre rapport à la solitude et les échanges par sms me stimulaient comme cela m’était rarement arrivé. Mais durant notre première rencontre, j’ai réalisé que nous avions beaucoup de différents, et peut-être pas tant à nous dire, en fin de compte.

Après coup, mon sentiment d’étrangeté a refait surface. J’ai de nouveau pensé que mes intérêts étaient trop restreints et spécifiques. J’ai aussi regretté de ne pas avoir été très bon pour alimenter les conversations et je me suis surpris à être TRÈS timide… Bref, tout cela peut également amplifier notre sentiment de solitude.

Si le MBTI dit vrai, peut-on vraiment envisager l’existence de l’âme sœur ?

Ma leçon

Les opposés s’attirent, comme on dit. J’ai compris que les différents en soi ne sont pas tant un problème, mais qu’un prérequis fondamental repose probablement dans le fait de partager quelques centres d’intérêts.  Or nous n’en avions manifestement que peu en communs sur ce plan, voire pas du tout.  Tout cela pour dire qu’il serait dommage de se fermer à des personnalités différentes de la notre, sans avoir creusé les potentielles affinités.

Par ailleurs, ne nous précipitons pas à tirer des conclusions d’après une unique expérience. Les relations profondes, consolidées par un réel rapport de confiance et des affinités affirmées exigent du temps. Ainsi que de la patience, ne serait-ce que pour les trouver.

Puis il serait regrettable d’oublier que, fondamentalement, c’est dans la solitude que nous nous ressourçons. Ainsi l’âme sœur n’est peut-être pas nécessairement indispensable. En fait, peut-être bien qu’elle n’existe pas. Ou bien nous la rencontrerions dans 5, 10, 15 ans… Devrions-nous nous sentir seul pour autant ?

En cette époque du numérique, nous n’aurions jamais été aussi enclin au sentiment de solitude. J’espère que mon expérience personnelle vous aura apporté un petit quelque chose. Notamment si vous vous identifiez comme INFJ. Je serais curieux à ce sujet de connaître les éventuelles similitudes avec votre expérience si vous êtes INFJ ! 😉

En somme, quelle est votre expérience du sentiment de solitude ? Comment le surmontez-vous ? Partagez moi tout cela en commentaire. Vos retours me sont très précieux ! 🙂

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Par |2019-04-10T18:00:11+01:00avril 10th, 2019|Introversion|5 Commentaires

Au sujet de l'auteur

Je suis Nicolas, un introverti hypersensible en perpétuelle quête de soi et de son bonheur.🌱 J’ai amplement progressé suite à la découverte de ma nature introvertie, puis de mon hypersensibilité ; après de nombreuses années en amont à surmonter un manque de confiance en soi et à m'interroger sur ma "différence". Mais depuis 4 ans maintenant que je me passionne pour le connaissance de soi et des autres, depuis 2 ans que je pratique la méditation de la pleine conscience et me ressource en montagne, je n'ai jamais été aussi épanoui ! C’est pourquoi je vous partage ici mes aventures dans une optique de développement personnel, inspirée de ma pratique de la pleine conscience et de mon lien étroit à la montagne, afin de tirer le meilleur de nous même :)

5 Commentaires

  1. Len 14 avril 2019 at 11 h 12 min - Reply

    Article intéressant ! D’ailleurs, pour rencontrer des gens qui se ressemblent et qui partagent les mêmes centres d’intérêt, je pense qu’il n’y a pas mieux que les associations.

    J’ai l’impression que toutes mes relations sont superficielles, que ce soit au travail, à la fac, en soirée… Mais pour de nouvelles rencontres, c’est dans le scoutisme que j’ai trouvé tout ce que je recherchais. C’est pas un milieu évident, parce qu’on est confronté à la fois au pire et au meilleur de nous-mêmes et des autres, et on a des gamins sous notre responsabilité, mais c’est vraiment un endroit où personne ne peut se cacher derrière un masque. Par conséquent, tout le monde nous connait avec notre véritable personnalité, on connait la vraie personnalité des autres, et si les liens se tissent, ils deviennent très forts, parce qu’on aime l’autre malgré ses défauts. Et puis on se retrouve en plein air, pendant plusieurs jours, à vivre des expériences qu’on vivrait nulle part ailleurs, donc même ceux qui sont nos pires ennemis un jour deviennent des amis par la suite, ne serait-ce que grâce aux souvenirs xD C’est totalement grâce à ça que mon introversion d’enfant a évolué vers l’ambiversion, parce qu’on ne voit plus les gens qui nous entourent de la même manière, on découvre qui on est vraiment, et on apprend à réellement aimer 🙂

    En dehors de ça, j’ai gardé contact avec toute une bande d’amis du lycée, et même s’il y a eu des hauts et des bas, je n’ai pas l’impression de réellement les connaître, comme on ne se voit qu’en soirée. Suffit de les avoir vu une semaine en vacances pour le comprendre xD L’affection que j’ai pour eux n’est pas la même. J’ai plus tendance à admirer les personnes que je rencontre dans le milieu du scoutisme, il y a un côté plus familial, vu qu’on connait les familles de tout le monde et on voit les gens grandir et évoluer ^^

    • Aventurier Introverti 14 avril 2019 at 17 h 24 min - Reply

      Merci beaucoup de ton retour ! Ça me fait plaisir de te voir par ici 🙂

      Et oui les associations, très bonnes idées ! C’est vrai qu’il y en a partout autour de nous. J’y ai songé aussi. Maintenant il faut vraiment que je passe à l’action et que je surmonte ma part de timidité qui me fait hésiter à faire le premiers pas haha. J’ai pensé à essayer par exemple des cours de méditation. Il y a une asso au centre ville de Chambéry qui fait ça.

      En tout cas ton expérience avec le scoutisme est inspirante ! Elle démontre en effet les possibilités en termes de relation auxquelles cela peut aboutir. C’est chouette tout ce que tu partages avec ces enfants ! Après j’imagine qu’il est plus facile de nouer de telles relations avec des enfants qu’avec des adultes ? Je me demande si j’aurai la chance de pouvoir en dire autant avec des personnes de mon âge ^^

      Encore merci de ton partage !

  2. Len 17 avril 2019 at 23 h 46 min - Reply

    Vas-y fonce, dans tous les cas tu n’y perdras rien ! 😀

    Aha, pour le coup, à aucun moment j’ai mentionné les enfants :p Certes, le scoutisme n’existerait pas sans eux, mais j’avais en tête les autres jeunes que j’ai rencontrés en tant que jeunes, mes collègues actuels, et mes anciens responsable, ainsi que les parents et frangins des gamins, sans compter les amis de mon petit frère, mes anciens amis du collège retrouvés dans l’assos… C’est un milieu où on connait les familles de tout le monde, et fait pas mal de soirées ensemble 🙂

  3. Clementine 3 novembre 2019 at 12 h 14 min - Reply

    Coucou ☺️ Je me reconnais pratiquement à 100% dans ce que tu écris, et cela vient de m’apaiser. J’ai bcp de peine à cause de cette solitude, même en étant introvertie, et ce n’est pas faute de rencontrer des gens au travail, en voyage, en association… j’ai la chance d’avoir trouvé ma moitié, mais je souffre de ne pas avoir d’amis réels, avec un vrai feeling, une complicité. Je n’ai pas encore trouvé de solution pour tenter d’améliorer cela malheureusement, donc je ne pourrai pas conseiller, hormis provoquer la chance en continuant de rencontrer des gens à droite à gauche, pour multiplier les possibilités…
    Je trouve ton blog vraiment bien, ainsi que tes témoignages qui me rassurent bcp !
    Bon dimanche ☺️✨

    • Aventurier Introverti 3 novembre 2019 at 14 h 40 min - Reply

      Coucou Clémentine 🙂

      Merci beaucoup de ton commentaire qui me fait grandement plaisir.
      Je me réjouis de savoir que tu as trouvé ta moitié ! J’en rêve également haha
      Je reconnais que ce n’est pas facile pour moi non plus et que j’ai probablement plus de sociabilisation par internet qu’en réel. C’est frustrant, on se comprend. Les résultats sont longs à venir, mais il faut persévérer et comme tu le suggères, je m’efforce de créer des opportunités. Je me suis fait une nouvelle amie de cette manière par le biais de facebook, où j’ai également rencontré ma meilleure amie avec qui je partage beaucoup d’intimité et de complicité. Je ne suis que trop reconnaissant à l’égard de la vie pour l’avoir mis sur mon chemin. Je pense qu’il faut le voir comme ça, qu’il faut cultiver la reconnaissance pour le peu qui nous ai offert, d’autant plus précieux que les liens sont étroits. Après tout les relations profondes et de confiance sont rares, surtout quand on a les exigences d’un(e) introvertie et/ou hypersensible 🙂

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