Le couple selon les normes sociétales, peut s’avérer peut vraisemblable pour un introverti·e et/ou hypersensible. Car notre introversion induit un grand besoin de solitude, tandis que l’hypersensibilité implique un rapport différent aux autres. Or le couple traditionnel, tel qu’il est pré-conçu par notre société extravertie, ne tient pas compte de ces différences.

Ainsi il me tenait très à cœur de te partager ma vision du couple idéal, compte tenu de mon introversion et de mon hypersensibilité.

Une frontière entre solitude et vie à deux.

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Être introverti·e, c’est fondamentalement avoir besoin de calme et de solitude pour se ressourcer. En ce sens, on ne peut concevoir une vie de couple que si elle respecte ce besoin. Bien sûr, vivre en couple ne nous contrains pas à côtoyer 24h/24 l’être aimée. C’est d’autant plus vrai si comme moi tu te connais comme étant très autonome et indépendant, tel que c’est parfois caractéristique d’une personne hypersensible.

Nous autres, introverti·e·s, si nous ne ne respectons pas notre besoin fondamental de solitude, nous ne tardons guère à nous épuiser.

Alors aussi grand puisse être notre amour, nous avons tendance à être désagréable avec autrui et à nous refermer sur nous même.

C’est pourquoi je pense qu’il est essentiel pour un·e introverti·e d’être attentif·ve à ce que son/sa conjoint·e aie conscience de son besoin de solitude. Et qu’il/elle le respecte parfaitement.

Que tu sois introverti·e, extraverti·e, hypersensible… Stéphanie Hahusseau souligne l’importance de trouver un juste équilibre entre intimité partagée et intimité personnelle. Et c’est peut-être d’autant plus vrai quand on est introverti·e.

Selon moi, le couple idéal permet à chacun des partenaires de se consacrer par moment à des activités solitaires. Comme on le ferait en étant célibataire. Dans une même pièce, ou bien chacun dans son coin – qu’importe. Un peu comme ces familles introverties qui se côtoient dans le salon, mais en étant les uns et les autres plongés dans leur bouquin ! L’important, c’est de conserver son indépendance et sa liberté.

Malgré tout, cela peut ne pas suffire.

Car si tu es très introverti·e, notamment INFJ, alors il est probable que tu ne parviennes pas à te ressourcer pleinement à partir du moment où d’autres personnes sont présentes dans le même lieu que toi.

Une rupture avec la conception classique du couple

La société dans laquelle nous vivons nous inculque une vision du couple très encadrée par les normes et la culture qui en découlent. Ce que j’appelle conception “classique” du couple.

Je cite Sissi des brumes qui a très bien cerné ce que j’entends par là :

Pour moi, la vie commune est à la fois un héritage de la vision romantique du couple (aspiration forte à être ensemble) et de sa vision bourgeoise (fonder un foyer, mettre en commun les biens, représenter son statut social par son domicile etc), puis patriarcale (femmes en charge du foyer commun…)

J’ajouterais seulement que la culture de la personnalité telle qu’en parle Susan Cain – autrement dit, l’éloge de l’extraversion – joue également un rôle à mon sens : en effet, je trouve typiquement très extraverti de concevoir le couple avec une étroite proximité – puisqu’une personne extravertie se ressource davantage dans l’interaction. Ce serait aussi la raison pour laquelle nous avons une perception négative et erronée de la solitude. Quelque chose qui fait peur et qu’il faut fuir. Par conséquent, la solitude n’est pas considérée quand on pense au couple. Alors que c’est un point fondamental à traiter si on est introverti·e.

Une relation à distance ?

Il n’est pas inintéressant de s’interroger sur la relation à distance. Une forme d’alternance entre vie de solitaire et vie de couple.

Peut-être que la meilleure solution pour une vie à deux, compte tenu d’une grande introversion, réside dans une relation à distance. La vision romantique du couple nous incite à vivre sous le même toit, mais certains couples nous démontrent qu’il est possible de faire autrement.

Voici un témoignage que j’ai recueilli sur internet :

Amandine, 26 ans et en couple à distance depuis quatre ans a trouvé son rythme de croisière : « je me crée deux vies : une vie de « célibataire » la semaine, une vie de couple le week-end quand on se retrouve ». Pour combler momentanément l’absence physique, internet regorge de sites comme Facebook, Twitter, WhatsApp ou Snapchat. Quoi de plus simple que d’envoyer presque instantanément une photo du moment vécu pour intégrer l’autre à sa vie ?

La relation à distance à cela d’intéressant qu’elle te permet de te procurer une solitude absolue lorsque tu en as besoin. Et pour ainsi dire te ressourcer pleinement. Te sentir pleinement indépendant, libre

Par ailleurs, la distance attise le désir que l’on éprouve à l’égard de la personne aimée. Le désir qui se fonde principalement sur la distance et se satisfait par le rapprochement.

Bien sûr, la relation à distance requiert une confiance sans faille et une certaine maturité amoureuse. Sans quoi elle est source de souffrances. Peur de l’abandon, du rejet, de la trahison, manque, frustration… pour autant, les épreuves d’une relation à distance ne sont pas nécessairement des freins. Pour preuve, c’est précisément ce qui m’a fait amplement gagner en maturité amoureuse.

Les fondements du couple : confiance, bienveillance, authenticité et acceptation

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À mon sens, une vie de couple sereine et durable n’est possible qu’en partageant une confiance solide, une bienveillance à toute épreuve, une naturelle authenticité et une acceptation de soi, et de l’autre.

> Une authenticité naturelle et spontanée

On porte suffisamment de masques au quotidien pour en porter de nouveau au sein de son couple. C’est encore plus vrai pour les introverti· e· s et hypersensibles notamment de type INFJ qui font preuve d’une grande adaptabilité sociable. Mais elle est source de fatigue.

On sait qu’on se trouve avec la bonne personne lorsqu’on s’avère naturellement et spontanément authentique. C’est à dire qu’on peut se révéler pleinement à l’autre, dans toute notre vulnérabilité, sans masque.

> Ne pas avoir peur d’être jugé.

Beaucoup d’hypersensibles redoutent le jugement. L’Amour inconditionnel, qui selon moi se rapproche le plus de ce que serait l’Amour véritable, va de pair avec le non jugement.

La vie de couple doit balayer toutes craintes que l’autre émette un jugement à notre égard et qu’elle n’interprète notre introversion ou hypersensibilité avec des préjugés à la noix.

> Une bienveillance à toute épreuve

C’est aussi par le non jugement que l’on définit la bienveillance. Et je conçois difficilement une vie à deux sans bienveillance. Je pense qu’il s’agit justement d’un fondement même du verbe « aimer ».

Si j’aime l’autre, alors je souhaite tout son bien. Je souhaite qu’elle soit heureuse et je la défends de ce qui la rendrait malheureuse, la soutien dans ses difficultés, la réconforte dans ses moments difficiles.

On ne dit ou ne fait jamais rien qui puisse faire du mal à l’autre.

La bienveillance est source de bonheur pour soi comme pour l’autre, alors elle devrait être ancrée dans le couple

> Acceptation de soi et de l’autre.

J’ai des défauts, beaucoup de défauts même. Je suis loin d’être parfait : un peu lent à la détente, pas très cultivé, perfectionniste, parfois bordélique… Mais je sais que je suis accepté avec tout ce qui me fait défaut.

La personne aimée, si elle nous aime, connait aussi notre valeur et nos qualités pour lesquelles elle nous apprécie tout particulièrement.

Par ailleurs je pense que si on aime véritablement quelqu’un, on l’accepte tel qu’il est. Dans toute son intégralité. Malgré les imperfections qui vont avec !

Une conjointe introvertie, extravertie, ambivertie… hypersensible ?

Est-ce que le fait que l’on soit hypersensible et introverti·e devrait nous inciter à trouver un·e partenaire tout aussi introverti·e et hypersensible.

Vivre en couple tout en respectant notre besoin de solitude ne dépend pas tant de l’introversion et de l’extraversion, ni même de l’hypersensibilité. Je crois qu’il s’agit avant tout d’intégrer les avantages et inconvénients suivant qu’on se ressemble ou non.

> Un·e conjoint·e extraverti·e

Être en couple avec un·e partenaire plus extraverti·e peut-être un bon moteur afin de sortir davantage de sa zone de confort. Vivre de nouvelles expériences humaines.

Mais il faut aussi s’attendre à ce que la différence engendre des difficultés. Chacun devra faire preuve de bienveillance et d’empathie afin de bien comprendre le fonctionnement de l’autre. Du moment qu’on a conscience de nos différences pour ce qui est de sociabiliser et de se ressourcer, qu’on en parle et qu’on trouve des compromis, rien n’est impossible.

> Un·e conjoint·e introverti·e

Être en couple avec une personne tout aussi introvertie est favorable à une plus grande harmonie. On partage les mêmes besoins en termes d’énergie, on résonne un peu pareil… bref, on se comprend parfaitement dans notre manière de nous ressourcer et de créer du lien. Mais il sera plus difficile d’évoluer là où on a moins de confort, car il est probable qu’on partage les mêmes faiblesses.

Autres critères importants selon moi quand on est introverti : Le/la partenaire n’a pas peur du silence. Il/elle apprécie également partager des conversations approfondies sur des sujets intellectuellement stimulants. L’intérêt pour la connaissance de soi et de l’autre peut-aussi être un critère. Ainsi on recherche mutuellement à mieux se connaitre pour mieux se comprendre.

> Un·e conjoint·e hypersensible

L’avantage de vivre avec une autre personne hypersensible, c’est qu’on se comprend également dans notre émotivité, on se retrouve dans notre écoute et notre empathie. On peut vivre ensemble des émotions intenses intérieurement. Partager toutes les émotions, ressentis et sentiments qui nous traversent.

Et toi, quelle est ta conception de la vie à deux ? Quel serait ton/ta partenaire idéal ?

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