Le Monde Invisible révélé par une Hypersensible

INTERVIEW D’UNE HYPERSENSIBLE
Anonyme sous le pseudo « Aliénor »

Légende de l’image de couverture :
Aliénor

Elle porte parfois un bracelet dont les pierres couleur émeraude “brillent comme une prairie au soleil”. Sa pierre préférée, l’améthyste, l’aide à être soi-même. Tandis que le cristal autour de son cou lui apporte clairvoyance et pleine conscience. Les pierres, la magie, les contes merveilleux… font partie intégrante de ses croyances.

J’ai toujours été un peu sceptique à l’égard de tout cela. Jusqu’au jour où, avec ses doigts de fée, elle a tiré les cartes pour moi. Je suis sur le cul – pardonnez moi les termes ! xD – chaque fois que je reconsidère l’impressionnante exactitude des résultats. Je crois que cet éclat dans son regard reflète comme un semblant de lucidité qui transcende le visible, pour atteindre ce que l’œil, nu, ne saurait percevoir, et révéler ainsi ce que l’on dissimule de l’autre côté de la paroi de notre corps.

PRÉAMBULE : TOI ET TON HYPERSENSIBILITÉ

Comment tu te sais Hypersensible ? Est-ce que tu l’as toujours su ?

Hypersensible… Voilà bien un qualificatif qui ne m’a pas toujours été familier. C’est en le découvrant il y a quelques années, à la fin de mon adolescence, que j’ai enfin réussi à poser un mot sur ce que j’avais toujours appelé ma « différence ». En m’intéressant au développement personnel, j’ai découvert la définition de l’hypersensibilité et je m’y suis reconnue, comme si je découvrais enfin une réponse longtemps recherchée. Je pensais être trop axée sur les émotions, sur les sens, j’avais l’impression d’avoir un esprit différent qui ne m’offrait pas de place dans la société. Pouvoir me retrouver dans la définition d’un être hypersensible s’est révélé être précieux : quelque part, même si un mot n’est qu’un élément abstrait, ça m’a permis de m’identifier et de définir mon rapport à moi-même et aux autres, en dépassant ce sentiment d’étrangeté que j’avais toujours eu.

Comment tu as vécu ton Hypersensibilité lors de ton enfance ? Comment tu le vis aujourd’hui ?

Lors de mon enfance, en maternelle et en primaire, tout allait très bien. Je vivais dans une sorte de bulle, entourée de merveilleux amis et sûrement enfermée dans une société idéalisée où je ne connaissais pas le malheur. C’est en arrivant au collège que j’ai commencé à me sentir « différente”, ce genre de différence inexplicable que je n’arrivais pas à rationaliser et qui me faisait beaucoup souffrir :  je ne me sentais pas « comme les autres ». Je ne voulais pas les mêmes choses, j’étais très observatrice et il y avait tellement de choses qui me blessaient jusqu’au plus profond du cœur : les moqueries, le harcèlement scolaire, le manque d’empathie, la nécessité de devenir ce que l’on nommait “populaire” dans la cour… Je n’aimais pas avoir le cerveau qui réfléchit toujours, je détestais ce côté extrême au niveau des sens et des émotions qui m’habitaient. À de nombreuses reprises, je n’avais plus qu’un rêve : arrêter de me poser des questions et aimer vivre les mêmes choses que mes camarades. Mais je n’y arrivais pas. Au lycée, ça n’a pas été plus facile, je suis même tombée en dépression car j’étais de plus en plus convaincue que ma manière d’être n’avait aucune place dans le monde. Je voulais mourir, parce que j’étais persuadée que je n’arriverai à être heureuse et à savourer la vie. Et puis… Maintenant, j’ai appris avant tout à accepter mon hypersensibilité, à la connaître, à tenter de la maîtriser en valorisant tous ces aspects positifs qu’elle entraîne (émotions décuplées, par exemple). En m’acceptant, j’ai fini par me sentir moi-même, tout simplement. Il y a toujours des périodes où je ne me sens pas sur la même longueur d’onde que la société de manière générale, où mes émotions prennent le dessus, mais je suis beaucoup plus heureuse et sereine depuis que j’ai découvert comment dompter mon hypersensibilité ! J’ai appris à arrêter de me demander si j’étais “trop comme cela” ou “pas assez ainsi”, car la vie est bien trop belle et courte pour s’empoisonner.


Bracelet médiéval

« Mon hypersensibilité est une porte-ouverte vers les profondeurs : certaines choses banales pour autrui deviennent merveilleuses à mes yeux. »

Comment en es-tu venu au développement personnel et en quoi cela t’a aidé ?

Comme je viens de l’évoquer, j’ai connu une période très noire durant mon adolescence, et un jour j’ai eu un déclic : j’ai eu envie de m’en sortir. J’ai passé quinze jours à l’hôpital car j’étais à bout, et ça a été l’une des plus grandes charnières de ma vie jusqu’à présent. Soit je décidais de sortir de cet hôpital avec les mêmes ressentis qu’en y entrant (c’est à dire : en ayant envie de mourir et en arrêtant de savourer la vie), soit je devais tout faire pour tenter de (re)vivre. C’est cette option que j’ai choisie.  Je savais que je ne pourrais pas changer la société, mais que je pouvais me changer moi, et commencer à voir le verre à moitié plein au lieu de le voir à moitié vide. J’ai eu envie de me sortir de mes idées obscures et je me suis intéressée à la connaissance de soi. Je m’en suis presque toujours voulu d’être ainsi, et malgré moi, je m’auto-détruisais. Accepter mon hypersensibilité était le seul moyen d’arriver à voir le bout de ce tunnel obscur, et donc de commencer à enclencher une sorte de renaissance.

Je ne sais plus exactement au cœur de quel article j’ai lu le terme même d’hypersensibilité, mais je sais que j’en ai découvert beaucoup d’autres depuis : la résilience, lintrospection... Et tous ces petits mots, les uns à côté des autres, m’aident à mieux me connaître, et à connaître le monde qui m’entoure. Néanmoins, j’ai également appris une autre leçon très importante : si les mots nous apaisent le cœur, il ne faut pas s’enfermer dedans ! Après tout, ce ne sont que des cases comme les autres… Ils sont sûrement importants pour notre ego, pour essayer de nous connaître en profondeur, mais il faut les manier avec précaution afin de ne pas tomber dans un schéma d’automatisme et de généralisation. J’ai rencontré certains hypersensibles qui finissent par tout associer à cette hypersensibilité, comme s’ils n’étaient définis “que par cela”, ce que je trouve bien dommage ! Nous ne sommes pas qu’un mot. Nous avons bien plus de potentiel, les mots sont de simples accompagnateurs.

Selon toi, quel est le don le précieux que tu hérites de ton Hypersensibilité ?

Il y a quelque chose que j’ai appris à adorer avec l’hypersensibilité : c’est cette façon d’avoir les sens en alerte, de ressentir les choses avec une grande vivacité. Évidemment, cela a pu me faire souffrir, notamment en amour puisque je pouvais aimer tellement profondément que cela devenait néfaste. Mais au quotidien, j’aime ressentir tous ces sens de manière forte, un peu comme si le sens était un domino et qu’il était le premier à faire tomber des dizaines d’autres, entraînant une magnifique chaîne ! J’aime me concentrer sur ces sens : le toucher, la vue, l’ouïe… Cela m’aide à profiter de l’instant présent, à m’ancrer. En fait, mon hypersensibilité est une porte-ouverte vers les profondeurs : certaines choses banales pour autrui deviennent merveilleuses à mes yeux. Prendre un café, être amoureuse, faire une balade en montagne devient quelque chose d’extrêmement profond car chaque détail est amplifié : le goût du sucre, les papillons dans le ventre, le souffle du vent dans les alpages. Et j’arrive également à « stopper » toutes ces émotions ressenties, je ne les ressens pas systématiquement : il faut en fait simplement que je m’ancre à mon hypersensibilité pour cela, d’où la notion de ‘porte’, que je peux aussi refermer si je n’ai pas envie d’avoir mes sens complètement explosifs comme un feu d’artifices.

LE MONDE INVISIBLE


« Je pense qu’il existe un monde visible aux yeux de tous, mais également un monde invisible qu’il faut apprendre à connaître […] je suis persuadée que ce que nous voyons n’est que la partie qui émerge de l’iceberg. »

Tu crois en un “monde invisible”. Qu’est-ce que tu entends par là ? De quoi serait peuplé ce monde et quel rapport aurait-il avec nous ?

Le monde invisible est quelque chose qui m’a toujours passionnée, mais que je connais mieux depuis seulement quelques mois. Enfant, j’adorais tout ce qui touchait à la « sorcellerie » et aux univers magiques : Harry Potter, Sabrina l’apprentie sorcière, Narnia… tout comme j’adorais les pouvoirs de la nature, par exemple avec les plantes qui guérissent. Pour me sortir de ma période sombre, j’ai rencontré un magnétiseur, qui m’a radicalement prouvé que les pouvoirs invisibles en lien avec l’univers existent !

En me documentant de plus en plus sur l’univers magique, j’ai fini par en être passionnée. Je pense qu’il existe un monde visible aux yeux de tous, mais également un monde invisible qu’il faut apprendre à connaître : la magie verte (magie par les éléments naturels), l’âme, les vies antérieures me passionnent énormément, car je suis persuadée que ce que nous voyons n’est que la partie qui émerge de l’iceberg. Mon hypersensibilité m’aide justement à essayer d’entrevoir ce monde, et aujourd’hui, j’adore m’imaginer comme une sorcière moderne ! Ma vie s’accompagne de plus en plus d’oracles, de pierres (lithothérapie), d’astrologie… car tout ce que j’ai pu connaître m’a stupéfiée. Évidemment, je conçois que l’on puisse trouver cela complètement fou, mais plus la vie avance et plus j’aime ce monde invisible mystérieux qui recèle de secrets. La seule chose à faire, c’est se méfier des imposteurs : le monde invisible n’est pas toujours rose, certaines personnes abusent justement de l’hypersensibilité des autres.

C’est quoi exactement , un magnétiseur ? En quoi t’a t-il convaincu ?

Un magnétiseur est un praticien qui agit sur le corps (et l’esprit) grâce au magnétisme, notamment par l’imposition des mains. En voyant que j’allais très mal, ma grand-mère qui vit à la campagne m’a dit “qu’elle avait entendu dire qu’il y avait un marabout fantastique” près de chez nous… Par le biais du bouche à oreille, elle a obtenu son numéro de téléphone et je l’ai contacté pour qu’il tente de m’aider à me sortir de mon trou noir dépressif. Est-ce que j’y croyais ? Au début, pas du tout. Je me suis dit que rien ni personne ne pouvait rien pour moi. Lors de ma première rencontre avec lui, il a de suite deviné que j’étais une passionnée d’écriture et née sous le signe du zodiaque de la Vierge. Il m’a beaucoup parlé de religion, de réincarnation… Et à l’époque, j’en étais très effrayée. Il pratiquait sur moi une sorte de purification en essayant d’enlever toutes les ondes néfastes que j’avais comme accumulées dans mon cœur, et en nettoyant mes chakras (centres énergétiques). Au bout de deux séances, quelque chose avait changé en moi, je me sentais plus légère, et je savais que je devais désormais essayer de poursuivre son travail. Il m’a prescrit des médicaments naturels et m’a promis que j’irais mieux, qu’en “novembre 2014, tout irait mieux” (cela me semblait bien loin, il me semble que j’avais plus d’un an et demi à attendre). En novembre 2014, après des mois de combat, je me sentais enfin mieux. Et je suis tombée enceinte ce mois-là, une magnifique surprise qui m’a fait redécouvrir la vie et qui me fait aujourd’hui l’aimer encore plus.

« L’hypersensibilité, comme un sonar, m’a aidée à découvrir les Chakras, les rituels de guérison, le lien avec les cartes oraculaires »

En quoi ton Hypersensibilité t’a aidé à « entrevoir ce monde » ?

L’hypersensibilité mène souvent à des extrêmes : on aime trop, on souffre davantage, on s’attache à des choses qui apparaissent tellement futiles aux yeux des autres… Pour ma part, l’hypersensibilité m’a approchée de l’extrême de l’invisible : je me suis longtemps interrogée sur la vie, sur la mort, sur notre création en tant qu’être. Il n’existe aucune vérité supérieure à une autre, et je suis émerveillée par toutes ces croyances à travers le monde ! En voulant me renseigner sur la vie de manière générale, je suis tombée dans tout un monde insoupçonné qui coïncidait si bien avec ce que j’avais toujours aimé : la magie et le développement personnel. L’hypersensibilité, comme un sonar, m’a aidée à découvrir les Chakras, les rituels de guérison, le lien avec les cartes oraculaires… À force d’admirer la nature et la Terre, ainsi que le Ciel, j’ai fini par comprendre que nous ne sommes que des âmes qui voyagent dans cet incroyable univers. Je ne dis pas que je n’aurais pas pu accéder à tout cela sans l’exacerbation des sens. Je ne peux pas le savoir, en réalité, puisque l’hypersensibilité fait partie de moi et que je pense aujourd’hui qu’elle m’aide à mieux me connaître dans mon rapport au monde invisible : elle fait partie de mon aventure, tout simplement !

Comment est-ce que tu expliques cet attrait des univers magiques et des pouvoirs de la nature sur ta personne depuis l’enfance ?

Cet attrait m’apparaissait d’abord comme inexplicable, car ma famille n’est pas du tout orientée sur la magie, je n’ai donc pas « baigné dedans » et j’y ai pourtant toujours été très attachée, comme si cela faisait partie de moi de manière totalement invisible et irréductible. Je me suis rapidement sentie apaisée par la nature étant enfant, notamment en bord d’océan avec mes grands-parents ou dans ma magnifique campagne natale. J’avais l’impression d’y être si libre, comme si les éléments naturels ne formaient qu’un avec mon corps (et mon esprit). Plus je grandis et plus je réalise à quel point la nature nous est précieuse et peut nous aider à nous construire. La nature est gratuite et peut nous offrir tellement de bonheur. Que l’on soit hypersensible ou non, je pense que l’on a tous la possibilité de ressentir un million de choses grâce à elle. Quant à la magie, une fois que la porte est ouverte, il est difficile de la refermer. J’en apprends chaque jour un peu plus, notamment sur la magie verte que pratiquaient nos ancêtres.


Quelques pierres utilisées par Aliénor en lithotherapie, comme l’œil de tigre (protection), le quartz rose (apaisement) et la malachite (renforcement)

Tous les Hypersensibles seraient-ils en mesure de percevoir ce monde et inversement, cela serait-il inaccessible aux moins sensibles ?

Cette question est plutôt complexe car je ne suis pas à la place de chacun pour mesurer son degré de sensibilité ou d’ouverture face à cela. En réalité, je pense qu’il ne faut pas systématiquement catégoriser les personnes pouvant avoir accès à ce monde invisible… Je connais des personnes hypersensibles qui me trouvent complètement irréaliste de croire à autre chose que du purement scientifique, tandis que des amis qui ne sont pas très sensibles ont le même rapport que moi au monde invisible. Je dirais plutôt que cela dépend d’un appel ou bien d’une sorte de fascination, que ce soit pour répondre à des questions ancrées en soi ou bien simplement par curiosité. Il n’y a aucune règle pour avoir accès au monde invisible… Si ce n’est que d’y croire. Car la foi est indispensable. Je pense d’ailleurs qu’il faut se méfier des personnes qui essaient de fixer des réglementations pour avoir un lien avec le monde invisible. Dans cette aventure avec le non-visible, il est important de s’écouter et de tomber sur les personnes qui vous souhaitent de rayonner ! Le chemin est accessible pour tous. Si vous souhaitez l’emprunter, alors il faut savoir se laisser aller et, un peu à la manière d’un collectionneur, commencer sa propre collection de moments, constats, échecs, réussites, découvertes magiques…

Quel est le lien entre tes pierres, tes cartes, les oracles ou autres objets et ce monde invisible ?

Mes « accessoires magiques », disons, me permettent de me connecter à l’invisible. Ce sont de vrais vecteurs ! Attention, je ne pratique pas de rituel comme le font certaines « sorcières modernes » pour l’instant. J’utilise plutôt des objets simples que j’essaie de connecter à mon cœur. Pour l’oracle, par exemple, je pense très fort à une question pour mes proches et je fais des tirages afin de les guider. Pour l’instant, les cartes sont toujours représentatives de la situation de chacun. Cela peut prédire l’avenir, mais pour ma part je préfère les utiliser dans une optique unique de guidance, c’est-à-dire de conseil à un moment donné. Assemblés les uns avec les autres, les accessoires magiques sont très utiles et révélateurs. Mais j’ai appris une chose : je sais qu’ils ne fonctionneraient pas si je ne croyais pas en eux.

Un grand merci à elle pour ce témoignage à la fois touchant et clairvoyant 🙏

Quant à vous, si vous êtes intéressé(e) ou que vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressé(e)s pour témoigner à titre d’introverti(e) et/ou hypersensible, faites moi signe !

Enfin n’hésitez pas à nous partager vos remarques et suggestions en commentaire 🙂

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Par |2019-11-08T18:33:43+01:00octobre 28th, 2019|Hypersensibilité, Interview Hypersensible|0 Commentaires

Au sujet de l'auteur

Je suis Nicolas, un introverti hypersensible en perpétuelle quête de soi et de son bonheur.🌱 J’ai amplement progressé suite à la découverte de ma nature introvertie, puis de mon hypersensibilité ; après de nombreuses années en amont à surmonter un manque de confiance en soi et à m'interroger sur ma "différence". Mais depuis 4 ans maintenant que je me passionne pour le connaissance de soi et des autres, depuis 2 ans que je pratique la méditation de la pleine conscience et me ressource en montagne, je n'ai jamais été aussi épanoui ! C’est pourquoi je vous partage ici mes aventures dans une optique de développement personnel, inspirée de ma pratique de la pleine conscience et de mon lien étroit à la montagne, afin de tirer le meilleur de nous même :)

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