Plénitude des pensées ou méditation de la pleine conscience ?

29 Jan 2019 | Méditation

Introverti(e) de nature, dès lors que nous nous initions à la méditation de la pleine conscience, des interrogations peuvent survenir : Faut-il se consacrer davantage à la méditation de la pleine conscience qu’à la plénitude de nos pensées ? Autrement dit : devrions-nous accorder plus de temps à l’instant présent et au monde qui nous entoure plutôt que d’être constamment embarqué dans l’élan de nos pensées ?

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Pourquoi cette question ?

Du temps où je me connaissais mal, je me persuadais parfois de divaguer trop souvent dans mes pensées. En fait, je m’inquiétais quant à mon penchant pour la rêverie et les réflexions incessantes. Je m’inquiétais du temps fou que je pouvais passer dans ma tête. Or j’ai désormais parfaitement conscience que cela est intimement lié à ma nature et que je peux en tirer bien des vertus.

Néanmoins, à défaut de bien se connaître, cette pensée peut persister et venir alimenter la confrontation entre plénitude et méditation. Par plénitude, entendez bien « plénitude des pensées ». C’est-à-dire l’état dans lequel nous sommes pleinement absorbé par nos pensées quelles qu’elles soient.

La méditation est bénéfique

Ma découverte de la pleine conscience via le livre de Christophe André « Méditer jour après jour » a instauré un moment de répit dans ma vie. J’en ai ressenti comme un soulagement. Une bouffée d’air après tant d’agitation. Mais je ne pense pas tant à l’agitation de mes pensées, lesquelles me ressourcent la plupart du temps.

Je pense à l’agitation de notre vie quotidienne. Les transports, le boulot, la pollution sonore de partout, les préoccupations vis-à-vis des tâches à planifier, les ruminations… À ce sujet, nul doute que la méditation est bénéfique. Elle m’a appris à me focaliser davantage sur le présent.

Car auparavant il est vrai que j’avais tendance à m’abandonner à mes pensées noires et aux tourbillons de rumination. Alors en ce sens, c’est une bonne chose de méditer. Il est assurément préférable de méditer si nos pensées sont destructives. C’est là aussi l’intérêt de la méditation : se défaire de nos ruminations, considérer nos sources de souffrances et les écouter.

La plénitude des pensées est innée

Par ailleurs, après plusieurs mois de méditation régulière, j’ai perdu ma régularité au profit de ma tendance naturelle à rêvasser. En fait, je consacre plus de temps à rêvasser qu’autre chose. Mais quand notre esprit bouillonne de pensées passionnantes, comme le souligne Sophia dembling, n’est-il pas tentant et plus facile d’y céder que de méditer ?

En fait, quand la fatigue m’accable, j’ai besoin de me ressourcer dans mes pensées. C’est fondamental. En ce sens la plénitude a aussi ses vertus. Pour nous autres introverti(e)s, notre monde intérieur nous offre un refuge où trouver le repos.

Puis bien entendu, pour être très réfléchi, j’aime me poser tout un cas tas de questions. Des réflexions intenses qui contribuent également à me faire murir.

Confrontation entre introversion et hypersensibilité ?

J’ai un autre point de vue sur le sujet. Je crois qu’il y a deux parts de moi qui partagent des motivations distinctes.

D’une part, mon hypersensibilité qui dévore les couleurs, scrute les paysages dans leurs moindres détails, s’imprègne de leur atmosphère et savoure naturellement le goût de l’instant présent.

D’autre part, ma grande introversion, qui se plait à davantage regarder non pas en dehors, mais au dedans. Et si elle regarde un paysage, alors elle se contente d’une photographie mentale sur laquelle construire tout une vague de pensée.Elle imagine tout un tas de choses qui partent dans tous les sens. Ainsi le paysage qui défile sous mes yeux par la suite m’échappe complètement.

Bon, je reconnais que cette théorie est vague et pas tout à fait cohérente. Cela m’aide à un peu mieux comprendre des comportements différents que je peux avoir, mais c’est quelque peu ambigu.

Parfois, et souvent même, les émotions suscitées par un paysage (hypersensibilité ?) débouchent sur des rêveries profondes (introversion ?). On ne peut certainement pas dissocier les deux. Du moins pas sur tous les points de vue. En fait, la frontière est extrêmement vague entre introversion et hypersensibilité.

À vrai dire, ma part introvertie apprécie tout autant le temps de répit que lui offre la méditation et l’hypersensible savoure volontiers la passion animée des flots de pensées. En fait, je ne pense pas qu’il y ai vraiment de distinction, mais que, de manière naturelle, on a besoin des deux (plénitude et méditation). C’est ce à quoi ma petite théorie vient conclure.

J’ai besoin de rêvasser et de réfléchir longuement à un sujet, de même que j’ai besoin d’être là, pleinement présent à ce qui m’entoure, sans qu’il n’en découle nécessairement des vagues de pensées.

Une question d’équilibre

Je pense qu’il faut simplement savoir de quoi on a besoin et à quel moment. 

Par exemple, à partir de quand nos pensées sont bénéfiques et à partir de quand elles noircissent notre esprit…

Si la plénitude de nos pensées consiste en un fléau de ruminations, nul doute que l’on gagnerait à travailler sa présence à l’instant présent. Nul doute qu’il est bénéfique d’écouter et de se concentrer davantage sur son corps que ses pensées noires.

Si néanmoins il s’agit de se ressourcer dans son refuge intérieur, c’est-à-dire s’il s’agit davantage de rêveries ou de réflexions constructives, alors pas de quoi s’alarmer. C’est tout aussi fondamental de passer du temps dans son refuge intérieur que de se focaliser sur l’instant présent.

Aussi, je ne crois pas que plénitude des pensées et méditation de la pleine conscience soient des opposés. Je pense plutôt qu’il y a d’une part une tendance naturelle à s’abandonner à de profondes pensées qui nous ressourcent et, d’autre part, une pratique qui nous guide vers l’épanouissement personnel.

Ainsi, je préfère parler d’un mariage des deux que d’une opposition. En fait, si on comprend un peu mieux l’origine de l’un et le but de l’autre, alors cette opposition n’a pas lieu d’être 🙂

À vous de jauger et de fonder votre équilibre 😉

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Et vous, quel est votre point de vue sur le sujet ? J’ai eu beaucoup de mal à rédiger cet article, alors n’hésitez pas à vous exprimer ! Vos retours sont la bienvenue 🙂

À propos de moi

Je suis Nicolas, un introverti hypersensible en perpétuelle quête de soi et de son bonheur.

Passionné par le développement personnel, je partage ici les enseignements que la vie me délivre au cours de mes aventures 🌄

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Mes lectures

« Trois amis en quête de sagesse » - Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

« Méditer, jour après jour » - Christophe André

« L'enseignement du Bouddha » - Walpula Rahula

« L'homme qui voulait être heureux » - Laurent gounelle

« La consolation de l'ange » - Frédéric Lenoir

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