Aimer, c’est se perdre pour mieux se retrouver. S’égarer dans un pays méconnu qui nous expose à bien des défis. Défis révélant au grand jour ces blessures qu’on s’ignorait, dans le but de les cicatriser, ainsi que des peurs à apaiser. Peur de l’abandon et du rejet, peur de la solitude alors qu’on est introverti·e, si ce n’est solitaire. Sans parler de l’attachement anxieux, de la dépendance affective, du manque d’estime de soi, de l’amour passionnel, obsessionnel et/ou sacrificiel. Une aventure exclusive dans notre quête de soi pour mieux s’aimer soi et mieux aimer l’élu de notre cœur, ainsi que les autres.

Comment ne pas s’égarer dans ces contrées sauvages aux obstacles imprévisibles ? Comment appréhender et ainsi surmonter les défis qui se présentent à nous ?

1 – L’Amour, défi d’une nouvelle aventure

Parmi toutes les aventures qu’on peut vivre dans notre quête de soi, ce détour au pays de l’Amour en est vraisemblablement l’une des plus belles. Quoique c’est aussi un défi en soi qui nous est donné de relever car, « Oui, l’amour, par nature, est compliqué : on souffre et on apprend. », souligne Stéphanie Hahusseau dans la conclusion de son « Petit guide de l’amour heureux. À l’usage des gens (un peu) compliqués ».

Tel que j’en parle dans mon article précédemment cité, l’Amour est une aventure à part entière. Une aventure qui m’en a peut-être davantage appris sur moi que ces quatre dernières années à me livrer au développement personnel. C’est pourquoi je lui consacre un nouvel article où, cette fois-ci, je te partage ma compréhension des défis à surmonter en tenant compte de mon introversion et de mon hypersensibilité.

Tu l’auras compris, je suis intimement convaincu que les épreuves amoureuses sont des opportunités de devenir une meilleure version de nous même. Les épreuves sont rudes parce qu’elles réveillent des blessures profondes, des peurs ancrées au plus profond de nous même, voire une estime de soi ébranlée depuis des années.

Mais c’est là le plus beau cadeau que la vie puisse nous offrir : une aventure amoureuse afin de regagner sa confiance, se recentrer sur soi, apprendre à mieux s’aimer et en somme, parvenir à aimer l’homme ou la femme de notre vie. Car tant qu’on est animé par nos peurs et nos blessures, alors l’autre ne peut que nous fuir.

2 – Hypersensible, naviguer entre euphorie et désespoir

Si l’Amour est un vaste pays rayonnant, les sentiers qui nous mènent à son cœur n’en sont pas moins escarpés.

C’est probablement d’autant plus vrai quand on est Hypersensible, car on fait cette expérience de naviguer entre des moments d’euphorie, avec des papillons plein la tête, avant de sombrer dans des souffrances pénibles. Dont l’absence qui s’avère être une présence obsédante de la personne convoitée. Après tout, Jacques Salomé ne manque pas de nous le rappeler : « partout où il y a de la lumière, il y a de l’ombre et l’amour n’échappe pas à cette règle ».

C’est typiquement ce que j’ai vécu en rencontrant ma moitié. Un quelque chose de nouveau qui agitait mes pensées. Parfois, soudains et spontanés, des moments d’euphorie. Le cœur empli d’une joie méconnue ! Mais en parallèle, proportionnellement à ces sentiments nouveaux qui émergeaient en moi, des souffrances m’encombraient dès lors qu’elle était absente ou que je percevais un affaissement de son affection.

Curieux mélange, n’est-ce pas ? C’est en réalité le signe des peurs qui peuvent être mises en lumière par l’amour. On y revient dans un instant !

3 – L’Amour comme apprentissage de l’équilibrisme

« C’est un apprentissage, une découverte qui nécessite du temps, mais qui permettra, si l’on s’en donne la peine, de travailler sur soi, de modifier ses schémas, de retrouver le contrôle de ses comportements pour qu’ils deviennent plus adaptés à nos envies. On s’aimera mieux, on aimera mieux l’autre. […] Et si, finalement, être heureux en amour, c’était réussir l’équilibre de se projeter dans un avenir, pour construire une relation à deux, tout en vivant pleinement l’instant présent ? L’amour au jour le jour en même temps que l’amour toujours ? Pas facile, mais possible ! Aimer et souffrir pour se rapprocher des autres, se dépasser, s’ouvrir, trouver le sens de sa vie, ça vaut la peine, non ? » souligne Stéphanie Hahusseau.

Oui, pas toujours évident de se projeter dans la vie à deux quand on est introverti et hypersensible. J’aborde le sujet dans mon article « Le couple idéal (re)vu par un introverti ».

Je crois que qu’on pourrait illustrer cet apprentissage par la pratique de l’équilibrisme : dans le sens où ça revient à marcher sur une corde avec ce souci de ne surtout pas tomber dans l’un ou l’autre des extrêmes, qui serait d’un côté un amour obsessionnel et sacrificiel, et de l’autre l’amour passionnel.

Dans tous les cas ces amours là – si on peut réellement les qualifier d’amour – se traduisent par des souffrances qui nous tirent vers le bas.

En effet, ils se caractérisent par une négligence de notre propre personne. À savoir une incapacité à vivre heureux seul, de la dépendance affective, une perte d’autonomie, un attachement presque toxique à l’autre. Un peu comme dans Jacques Brel et sa chanson « Ne me quitte pas », on est prêt à tout pour l’autre. Bien sûr, on peut y voir du romantisme, mais je pense que ces approches sont vouées à l’échec, sinon la souffrance.

Mais alors où se trouve l’équilibre ?

Je crois que l’équilibre, c’est l’amour inconditionnel. Ou quelque chose qui s’y apparente. Un amour pour soi et pour l’autre. Un amour qui ne souffre pas de l’absence. Un amour qui aime sans conditions. Un équilibre qui, au bout de cette corde, nous permet de rejoindre l’être aimé.


Je pense qu’on ne peut retrouver sa moitié que si on a atteint un certain équilibre : entre autres dans la passion, l’amour et l’estime de soi (ni trop, ni pas assez).

4 – Peur de la solitude, de l’abandon et du rejet

N’est-ce pas curieux d’avoir soudain peur de la solitude quand on est profondément introverti·e ? De s’ennuyer et de ruminer dans la solitude quand elle a toujours été une source de créativité et de réflexion pour l’hypersensible que l’on est ?

Mes premiers pas au pays de l’amour ont été d’autant plus déconcertant que, soudain, sans que je sache me l’expliquer, la solitude me terrifiait ! J’étais affolé à l’idée de rester seul pour le restant de mes jours.

Par ailleurs et bien que ma moitié me témoignait de son affection, j’étais constamment hanté par l’idée qu’elle puisse m’abandonner ou me rejeter. J’étais extrêmement inquiet quant au fait qu’elle puisse ne pas m’aimer.

Le défi de l’amour exige que l’on surpasse ses peurs et pour cela, je te renvoie à mon article dédié : « Introverti, surmonter la peur de la solitude, de l’abandon et du rejet. (à venir) »

5 – Amour passionnel : puissant, mais éphémère

Ah, l’Amour passionnel ! Cet élan du cœur qui s’embrase tout entier, comme soudain frappé de plein fouet par la foudre. Ces palpitements d’un cœur qui s’emballe chaque fois que l’être aimé se trouve dans son champ de vision. Le sang qui bouillonne sous l’incendie d’un désir ardent. Cet amour dont on devient ivre si on se laisse aller… L’Amour passionnel est tellement prenant, mais tout autant douloureux.

En effet, l’amour passionnel est souvent destructeur du fait qu’il dissimule un amour idéalisé et fantasmé, qui vient combler un manque affectif, quoi qu’on s’efforcera de se persuader que c’est faux.

Mais la réalité ne tarde à nous démontrer que l’être aimé ne correspond pas à ce que l’on recherche réellement et la déception est telle qu’elle nous accable d’une souffrance intense. Malgré nous, on réalise tôt ou tard que la personne aimé était le remède à un quotidien morose, ou la fuite d’un problème dans une autre relation. C’est pourquoi cet amour un éphémère.

J’en ai fait l’expérience dans mon tout premier amour, celui dont je parle dans mon article « amour impossible : la voie de l’acceptation ». Un réel coup de foudre que je n’ai pas vu venir. Mais ce n’est que quelques années après que j’ai compris qu’il s’agissait en d’autres termes d’un pseudo amour. À une époque où j’avais tout à apprendre de l’écriture et que je rêvais d’exprimer ma sensibilité par l’écrit, je me suis laissé séduire par cette fille dotée d’une sensibilité sublime mariée à une plume talentueuse – c’est à dire ce que je recherchais.

6 – Amour obsessionnel : attachement anxieux et dépendance affective

J’ai rencontré ma moitié il y a bientôt un an, en plein cœur d’un épisode dépressif. Je n’en avais pas conscience, mais je souffrais tout particulièrement de ma faille affective et pour ainsi dire, de dépendance affective.

Mon intuition m’avait laissé comprendre que j’avais (re)trouvé la femme de ma vie, ma flamme jumelle pour celles et ceux qui croient aux liens d’âmes. Cependant, le regard offusqué par ma dépendance, je cherchais tout de même et à tout prix à faire d’autres rencontres en parallèle à nos échanges passionnés.

Et pourtant, je ne pouvais plus la quitter d’une seconde. J’étais terrifié à l’idée de la perdre et chacune de ses absences me laissaient avec la sensation d’un vide profondément anxiogène. J’avais régulièrement besoin d’être rassuré sur le fait qu’elle m’aime et mes petites antennes d’hypersensibles étaient attentives aux moindre signes d’affection – perte ou gain.

Je n’ose pas imaginer le nombre d’heures consacrées à me torturer l’esprit dans la relecture incessante de certains messages pour en faire mille et une interprétations. C’est le problème quand on est hypersensible, de vouloir tout analyser et comprendre en envisageant toutes les interprétations possibles. Nos pensées en arborescence peuvent se transformer en un véritable cauchemar Et cette douleur poignante quand j’ai cru la perdre, une fois qu’elle s’était épuisée de m’offrir un amour qui s’engouffrait dans ma faille affective. Quand la personne aimée devient une obsession, ce n’est pas bon ni pour soi, ni pour l’autre.

Il est donc nécessaire de travailler à mieux s’aimer, de développer son autonomie et regagner son indépendance. Je t’en dis plus sur les démarches qui m’ont aidé dans mon article « Hypersensible, vaincre la dépendance affective et l’attachement anxieux (à venir) »


Cicatriser ses blessures, résoudre l’énigme de ses peurs, s’aimer et s’estimer soi même est fondamental pour mener à bien ce voyage au pays de l’amour.

7 – Amour sacrificiel : quand on se perd soi même

Tu sais que tu t’es complètement perdu toi même lorsque tu es prêt·e à tout au point d’en oublier de te respecter, toi et tes besoins.

L’amour sacrificiel porte bien son nom. Tu te convaincs par exemple que tu vas tout quitter par amour : ta famille, ton travail, ton chez toi… alors qu’au fond de toi, tu en as besoin. J’étais prêt à faire 12h de bus pour retrouver ma moitié lorsqu’on s’est connu et elle a bien fait de refuser.

L’Amour véritable, selon moi, n’engendre pas de sacrifices pour l’un ou pour l’autre, à moins qu’ils ne soient équilibrés et qu’ils ne dissimulent aucunes attentes. Car on peut faire des sacrifices et par la suite en attendre autant de l’autre, alors qu’il n’a rien demandé.

Bien sûr, on peut tout quitter par amour, mais à condition de réellement le faire par amour, non pas seulement pour l’autre, mais aussi pour soi.

8 – Amour inconditionnel : le véritable amour ?

Alors, n’existe t-il pas d’amour heureux ? Et quelle est la finalité de ce voyage aux pays de l’amour si tout n’est que souffrances ?

L’aventure amoureuse implique des défis qui représentent des opportunités comme n’importe quelles autres difficultés d’élever notre âme. D’évoluer vers une meilleure version de toi même, si tu préfères.

Panser nos blessures intérieures nous conduit à une meilleure estime de soi et un plus grand amour propre. Dissiper les peurs nous aide à vivre heureux seul, à être plus indépendant et autonome. En somme, à atteindre la complétude.

Mais bien entendu, ce voyage peut aussi nous conduire à notre moitié – âme sœur, flamme jumelle, homme ou femme de notre vie, à chacun les mots qui résonnent en lui. Et je suis convaincu que pour cela, l’amour inconditionnel est la conception la plus réaliste du véritable amour. Celui dont les fondements sont sûr, et sur lequel on peut bâtir une relation solide et durable.

Aimer d’un amour inconditionnel, c’est aimer l’autre autant qu’on s’aime soi. Aimer quelque soit nos différents et nos différences. Qu’importe la distance ou le temps qui nous sépare. Aimer sans attentes et sans conditions. Aimer sans anxiété, sans l’ombre d’une peur.

Quelle est ton expérience de l’amour ? Est-ce que tu crois en l’amour inconditionnel ? Partage moi ton point de vue en commentaire.

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